{"id":52,"date":"2005-03-03T18:33:38","date_gmt":"2005-03-03T18:33:38","guid":{"rendered":"https:\/\/new-faaam.parisnanterre.fr\/2005\/03\/03\/expeausition-1-parkers-back-ou-lecriture-a-lepreuve-de-la-surface\/"},"modified":"2023-07-21T15:53:27","modified_gmt":"2023-07-21T13:53:27","slug":"expeausition-1-parkers-back-ou-lecriture-a-lepreuve-de-la-surface","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/?p=52","title":{"rendered":"&#8221; Expeausition  [1] &#8221; : <I>Parker&#8217;s Back<\/I> ou l&#8217;\u00e9criture \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve de la surface"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-51\" src=\"https:\/\/new-faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton25.jpg\" width=\"128\" height=\"96\" \/><\/p>\n<p>   <HTML><DIV align=\"left\">par : <A HREF=\"mailto:cecile.roudeau@ens.fr\">C&eacute;cile Roudeau<\/A><\/DIV> <BR><BR><\/p>\n<p>&#8220;Parker&#8217;s Back&#8221; est un texte &eacute;crit sous le signe de la peau &#8211; peau que l&#8217;on habille ou d&eacute;shabille ; que l&#8217;on cache ou que l&#8217;on expose ; que l&#8217;on perce, transperce ou que l&#8217;on peint ; que l&#8217;on incise, que l&#8217;on &eacute;crit, que l&#8217;on inscrit et que l&#8217;on impressionne, que l&#8217;on retourne aussi, comme un gant. Histoire d&#8217;une peau tatou&eacute;e, histori&eacute;e qui devient peau souffrante, cet ultime r&eacute;cit de Flannery O&#8217;Connor, achev&eacute; dans le lit d&#8217;h&ocirc;pital o&ugrave; elle se mourait d&#8217;un lupus, brille d&#8217;un soleil noir, qui embrase le texte, aveugle les personnages et peut-&ecirc;tre certains lecteurs, qui n&#8217;ont su y voir qu&#8217;une sombre r&eacute;criture des myst&egrave;res de la foi. Andr&eacute; Bleikasten le notait d&eacute;j&agrave; dans son article &#8220;Writing on the Flesh: Tattoos and Taboos in &#8216;Parker&#8217;s Back'&#8221; : il y a plus &agrave; voir et plus &agrave; lire sur le dos de Parker qu&#8217;un nouveau cat&eacute;chisme, dans lequel on a trop tendance &agrave; ranger les textes de cet &eacute;crivain qui ne faisait aucun myst&egrave;re de son catholicisme <SUP> <A HREF=\"#Note2\">[2]<\/A><\/SUP>. <BR><BR><br \/>\nCertes, un ind&eacute;niable tropisme de la profondeur oriente l&#8217;&eacute;criture de Flannery O&#8217;Connor : elle-m&ecirc;me le revendique, pour qui l&#8217;&eacute;crivain, et l&#8217;&eacute;crivain du Sud en particulier, se voit forc&eacute; de toujours porter son regard au-del&agrave; de la surface (&#8220;to make his gaze extend beyond the surface, beyond mere problems, until it touches that realm which is the concern of prophets and poets&#8221; <SUP> <A HREF=\"#Note3\">[3]<\/A><\/SUP>). Qu&#8217;il soit pourtant permis de douter : n&#8217;est-il donc pas d&#8217;autre salut pour les lecteurs d&#8217;O&#8217;Connor que d&#8217;aller scruter les dessous du litt&eacute;ral pour y trouver l&#8217;exp&eacute;rience du sens ? Refusant de s&#8217;arr&ecirc;ter aux injonctions de l&#8217;auteur, cet article se propose de scruter la surface d&#8217;un texte-peau, de faire de ce r&eacute;cit une lecture rapproch&eacute;e, qui ne se veut superficielle que pour tenter de sugg&eacute;rer que la surface, chez O&#8217;Connor, est pr&eacute;cis&eacute;ment le lieu du sens et des sens, le lieu o&ugrave; se manifeste, s&#8217;expose l&#8217;imp&eacute;n&eacute;trable, le myst&egrave;re qui fait peut-&ecirc;tre toute la beaut&eacute; de cette &eacute;criture. <BR><BR><br \/>\n&#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, texte-testament &eacute;crit &agrave; fleur de peau, pourrait bien &ecirc;tre le tombeau de cette dialectique affich&eacute;e, impos&eacute;e presque, entre surface et profondeur ; il s&#8217;agira donc de voir ce qui se joue du sens et des sens, quand on choisit, au lieu de lever les yeux au ciel ou de les plonger dans l&#8217;abyme insondable, d&#8217;&eacute;prouver la surface et peut-&ecirc;tre de la laisser nous toucher. <BR><BR><BR><br \/>\n<B><U>I Le leurre de la profondeur ou l&#8217;&eacute;criture au miroir<\/U><\/B><BR><BR><br \/>\n<B>La lecture en trompe-l&#8217;\u0153il<br \/>\n<\/B><BR><br \/>\n<BLOCKQUOTE>Parker&#8217;s wife was sitting on the front porch, snapping beans. Parker was sitting on the step, some distance away, watching her sullenly. She was plain, plain. The skin on her face was thin and drawn <I>as tight as the skin on an onion<\/I> and her eyes were <I>gray<\/I> and <I>sharp like the points of two icepicks<\/I>. (510)<SUP> <A HREF=\"#Note4\">[4]<\/A><\/SUP><\/BLOCKQUOTE><\/p>\n<p>D&egrave;s le premier paragraphe, deux lectures sont &agrave; la fois propos&eacute;es et renvoy&eacute;es dos &agrave; dos : la lecture-effeuillage qui, de d&eacute;voilements en d&eacute;voilements, finirait par divulguer le sens et la lecture-pique &agrave; glace qui viendrait percer la surface textuelle, jusqu&#8217;au c\u0153ur. Tout le r&eacute;cit, en effet, ne cesse de confronter ces deux modalit&eacute;s de l&#8217;interpr&eacute;tation, faisant miroiter aux yeux du lecteur une &eacute;piphanie qu&#8217;il s&#8217;attache en m&ecirc;me temps &agrave; retarder. Le texte tour &agrave; tour aguiche le lecteur, habille et d&eacute;shabille son objet, dont il fait un objet de d&eacute;sir, ou pointe, tels les yeux ou les doigts de Sarah Ruth, vers ce quelque chose qui &eacute;chappe, &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur, comme s&#8217;il &eacute;tait possible de l&#8217;atteindre en &eacute;pluchant les apparences comme on &eacute;plucherait l&#8217;oignon inaugural ou la maison de celle qui lui ressemble : &#8220;a peeling <SUP> <A HREF=\"#Note5\">[5]<\/A><\/SUP> two-room house&#8221; (511). Si Flannery O&#8217;Connor donnait pour principe de son &eacute;criture de montrer avant que de dire <SUP> <A HREF=\"#Note6\">[6]<\/A><\/SUP>, il semble que, s&#8217;agissant du dos de Parker comme de &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, ce qu&#8217;elle nous montre n&#8217;est autre qu&#8217;un recouvrement, n&eacute;gatif d&#8217;une exhibition avort&eacute;e : &#8220;She [Parker&#8217;s employer] had also asked him to wear his shirt when he worked; Parker had removed it even though the day was not sultry; he put it back on reluctantly.&#8221; (511) La peau, que Parker prenait plaisir &agrave; d&eacute;couvrir, se recouvre d&#8217;une autre peau, ici chemise, bient&ocirc;t tatouage multicolore qui ne perce, n&#8217;ouvre le corps que pour mieux le couvrir. &Agrave; vouloir chercher sous la surface, sous la peau, le lecteur trop curieux risque bien de se perdre dans un labyrinthe feuillu, o&ugrave; une surface en cache une autre, le voile retombant sur un autre voile, la peau sur une autre peau. Supplice de l&#8217;oignon&#8230;qui tente le regard mais fait pleurer les yeux : dans les ench&acirc;ssements du texte ne se r&eacute;v&egrave;le qu&#8217;une parodie de p&eacute;n&eacute;tration, une histoire de p&eacute;n&eacute;tration impossible ou manqu&eacute;e, plus obsc&egrave;ne encore sous ses voiles qu&#8217;&agrave; d&eacute;couvert.<BR><BR><\/p>\n<p>Le texte de la nouvelle se pr&eacute;sente en effet comme une s&eacute;rie de levers de rideaux : un pass&eacute; c&egrave;de la place &agrave; un autre, puis &agrave; un autre encore &#8211; le r&eacute;cit, constitu&eacute; d&#8217;une s&eacute;rie d&#8217;anamn&egrave;ses ench&acirc;ss&eacute;es, ne rattrapant le moment de la di&eacute;g&egrave;se qu&#8217;en son mitan (p. 520). Au seuil de la nouvelle, un porche vient tenter les regards du lecteur : &#8220;Parker&#8217;s wife was sitting on the front porch floor&#8230;&#8221;. Mais c&#8217;est d&eacute;j&agrave; une ouverture en trompe-l&#8217;\u0153il : l&#8217;int&eacute;rieur que nous a fait miroiter l&#8217;incipit ne nous sera d&eacute;voil&eacute; qu&#8217;&agrave; l&#8217;extr&ecirc;me fin du r&eacute;cit, et encore, fort bri&egrave;vement. Le lecteur, forc&eacute; d&#8217;entrer dans le r&eacute;cit &agrave; reculons, se trouve en fait bien vite confront&eacute; &agrave; un autre d&eacute;but, qui promet d&#8217;ouvrir cette fois sur un &eacute;pisode pass&eacute; de la vie de Parker : &#8220;This ugly woman Parker married was his first wife. &#8230;&#8221; (511) ; et le texte de nous conter l&#8217;histoire de la rencontre inopin&eacute;e de Parker et de Sarah. <I>Flash-back<\/I>, retour, autre lever de rideau : c&#8217;est au moment o&ugrave;, en se recouvrant, la peau se d&eacute;robe au regard et &agrave; la lecture (juste apr&egrave;s les r&eacute;primandes de l&#8217;employeuse, impatiente de voir Parker se rhabiller) que le texte consent enfin, du moins en apparence, &agrave; lever un voile, qui pourtant ne nous laissera pas p&eacute;n&eacute;trer bien loin.<br \/>\n&#8220;Parker had an extra sense that told him when there was a woman nearby watching him. After he had leaned over the motor a few minutes, his neck began to prickle.&#8221; (511) <I>To prickle<\/I> : picoter ; de la m&ecirc;me racine que le verbe &#8220;<I>to prick<\/I>&#8220;, &#8220;<I>to make a tiny hole in something with a sharp point ; to make a whole in the skin so that it hurts or bleeds<\/I>&#8220;. Parker serait-il p&eacute;n&eacute;trable ? Sous le regard de Sarah Ruth, dont les yeux aigus, ac&eacute;r&eacute;s (on le sait depuis le premier paragraphe), sont faits pour transpercer, Parker a tout l&#8217;air d&#8217;une surface &agrave; p&eacute;n&eacute;trer. Prick : phallus. Viol ou volupt&eacute;, le texte ne dit pas. La seule certitude, c&#8217;est que Parker, lui, ne p&eacute;n&egrave;tre rien : &#8220;He cast his eye over the empty yard and porch of the house. A woman he could not see was either nearby beyond a clump of honeysuckle or in the house, watching him out of the window.&#8221; (511) S&#8217;il a bien l&#8217;intuition, presque sensible, de l&#8217;invisible ou plut&ocirc;t de l&#8217;invu, Parker ne cherche pas &agrave; p&eacute;n&eacute;trer le myst&egrave;re ou la maison ; il pr&eacute;f&egrave;re devenir leurre, objet du regard et du d&eacute;sir cach&eacute;s &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur. Il parviendra de fait, en pr&eacute;tendant s&#8217;&ecirc;tre bless&eacute; &agrave; la main, &agrave; capter le regard de Sarah Ruth ; pourtant, la femme aux yeux-pique &agrave; glace devra encore se contenter, et nous avec elle, de l&#8217;opacit&eacute; d&#8217;une autre surface qui, si aguicheuse soit-elle, n&#8217;en reste pas moins frustrante : la paume que lui tend Parker est d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment intacte et la surface tatou&eacute;e &agrave; son revers aveugle suffisamment les yeux de l&#8217;incr&eacute;dule pour qu&#8217;ils ne percent point &agrave; jour la tromperie. Expos&eacute;s aux premiers tatouages, les yeux aigus (<I>sharp<\/I>, ici r&eacute;p&eacute;t&eacute;) de Sarah Ruth refusent finalement d&#8217;en voir plus, offusquant ainsi ceux du lecteur, soumis &agrave; l&#8217;arbitraire de la focalisation. &#8220;You ought to see the ones you can&#8217;t see&#8221; (511), s&#8217;enhardit le coquin ; mais la promesse d&#8217;un d&eacute;voilement se solde, une fois de plus, d&#8217;une fermeture de la focale. Le lecteur en est quitte pour un autre lever de rideau sur nouvelle couche temporelle qui, elle aussi, promet ses monts et ses merveilles, montr&eacute;s, cach&eacute;s : &#8220;Parker was fourteen when he saw a man in a fair, tattooed from head to foot.&#8221; (512)<BR><BR><br \/>\n La vision du forain, de son corps presque enti&egrave;rement tatou&eacute;, semble r&eacute;v&eacute;ler Parker &agrave; lui-m&ecirc;me. A l&#8217;instar de l&#8217;homme peint, l&#8217;adolescent n&#8217;aura de cesse de couvrir sa peau de tatouages, que le texte, &agrave; l&#8217;inverse, se pla&icirc;t &agrave; d&eacute;couvrir, nous d&eacute;voilant aussi certains traits de son caract&egrave;re, avant de se reprendre bien vite : &#8220;After a month or two in the navy, his mouth ceased to hang open. His features hardened into the features of a man.&#8221; (513) Au moment o&ugrave; l&#8217;on pouvait croire qu&#8217;il allait nous ouvrir son c\u0153ur, Parker se referme, se raidit et redevient imp&eacute;n&eacute;trable. Sarah Ruth aura beau user de toute une gamme de dangereux instruments, allant jusqu&#8217;&agrave; lui lancer au visage, pour interrompre le flot de ses jurons, cet outil entre la griffe, le pied de biche et le grappin que l&#8217;anglais appelle &#8220;bristling claw&#8221;, Parker, l&#8217;homme endurci, dont le corps, bien moul&eacute; dans ses pantalons de petit mousse, semble avoir connu d&#8217;autres effractions lors de ses ann&eacute;es de marine, ne semble plus pouvoir s&#8217;ouvrir qu&#8217;&agrave; une improbable p&eacute;n&eacute;tration de lui-m&ecirc;me par lui-m&ecirc;me, ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment par sa propre surface : <BR><br \/>\n<BLOCKQUOTE>After his furloughs <SUP> <A HREF=\"#Note7\">[7]<\/A><\/SUP>, he didn&#8217;t go back to the navy [&#8230;] His dissatisfaction, from being chronic and latent, had suddenly become <I>acute<\/I> and raged in him. It was as if the panther and the lion and the serpents and the eagles and the hawks <I>had penetrated his skin and lived inside him<\/I> in a raging warfare. (514)<\/BLOCKQUOTE><\/p>\n<p>Sous l&#8217;effet d&#8217;une insatisfaction devenue aussi p&eacute;n&eacute;trante que les yeux de Sarah Ruth, la surface se retourne contre elle-m&ecirc;me &#8211; les images peintes sur la peau se livrant d&eacute;sormais sous la peau ou sur son envers une guerre sans merci : &#8220;The navy caught up with him, put him in the brig for nine months and then gave him a dishonorable discharge&#8221; Comme pour rattraper l&#8217;irrattrapable, la marine le reprend pourtant en son sein, couvrant ses frasques sous les apparences d&#8217;une nouvelle naissance &#8211; dans la poche ut&eacute;rine du brick il restera neuf mois &#8211; avant d&#8217;en accoucher ou de l&#8217;excr&eacute;ter salement &agrave; la surface de la terre, tel Jonas dont l&#8217;image est reprise un peu plus loin (527), bien loin de profondeurs qui ne peuvent, semble-t-il, que relever ici du fantasme.<BR><BR> <\/p>\n<p>Pris &agrave; son propre jeu et entre plusieurs fronts, comme le texte se pla&icirc;t &agrave; le sugg&eacute;rer, qui r&eacute;p&egrave;te ostensiblement le mot <I>front<\/I> &agrave; quelques lignes d&#8217;intervalle &#8211; &#8220;he would get in front of [the mirror]&#8221; ; &#8220;the front of Parker&#8221; ; &#8220;the space on the front of him&#8221; (p 514) -, O.&nbsp;E. Parker, pris au pi&egrave;ge de la surface, devient surface lui-m&ecirc;me, homme bi-dimensionnel, espace qui ne peut se remplir (<I>fill up<\/I> <SUP> <A HREF=\"#Note8\">[8]<\/A><\/SUP>) que sur un seul plan, et ne peut &#8221;&nbsp;contenir&nbsp;&#8221; qu&#8217;au sens figur&eacute; <SUP> <A HREF=\"#Note9\">[9]<\/A><\/SUP> une insatisfaction pris dans les rets lin&eacute;aires d&#8217;un nouveau tatouage.<BR><BR><br \/>\nSi &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221; fait donc tout d&#8217;abord miroiter aux yeux du lecteur un secret dont la fleur pourrait &ecirc;tre d&eacute;couverte gr&acirc;ce &agrave; un effeuillage d&eacute;licat, ou une ardente p&eacute;n&eacute;tration du regard, le texte, par de savantes mises en sc&egrave;ne, ne tarde pourtant pas &agrave; renvoyer dos &agrave; dos ces deux lectures, telles deux leurres cosm&eacute;tiques auxquels il faudrait savoir r&eacute;sister. Au pays de Parker, le regard n&#8217;&eacute;pluche ni ne p&eacute;n&egrave;tre : il ne peut plus que se regarder lui-m&ecirc;me, en miroir.<BR><BR> <\/p>\n<p><B>&#8220;look&#8221; : le point aveugle &agrave; la crois&eacute;e des regards<br \/>\n<\/B><BR><BR><BLOCKQUOTE>&#8230;his eyes [&#8230;] were the same slate-color as the ocean, and reflected the immense spaces around him as if they were a microcosm of the mysterious <I>sea<\/I>. (514)<\/BLOCKQUOTE><\/p>\n<p>Si les yeux de Sarah Ruth sont per&ccedil;ants, ceux de Parker sont surface r&eacute;fl&eacute;chissante, couleur ardoise, des yeux que l&#8217;on dirait en attente d&#8217;&ecirc;tre &eacute;crits, si ce n&#8217;&eacute;tait le corps qui, chez O.&nbsp;E. Parker, se couvrait d&#8217;impressions. Le regard de Parker est donc miroir, miroir face au miroir du monde, miroir qui, ainsi que le laissent entendre les chatoyantes homophonies du texte, ne peut r&eacute;fl&eacute;chir que le microcosme myst&eacute;rieux du voir : &#8220;the mysterious sea&#8221;. Mais la sp&eacute;cularit&eacute;, ici, n&#8217;ali&egrave;ne ni ne r&eacute;v&egrave;le &agrave; lui-m&ecirc;me ce malheureux Narcisse, puisque le texte semble le destiner, avant m&ecirc;me de le d&eacute;signer <I>bifrons<\/I>, &agrave; ne voir de lui-m&ecirc;me qu&#8217;un regard obs&eacute;dant (&#8220;he would&#8230;.study his overall <I>look<\/I>&#8220;, 514), jouant de la m&ecirc;me ambigu&iuml;t&eacute; un peu plus loin, quand Parker est d&eacute;crit, assis sur le perron des Cates, absorb&eacute; par la vue qu&#8217;il a sous les yeux (&#8220;looking at the view&#8221;, 516 ; &#8221;&nbsp;regardant la vue.&nbsp;&#8220;) Avant donc que de devoir traquer ce qui lui reste de surface dans l&#8217;image doublement refl&eacute;t&eacute;e de son dos, Parker semble d&eacute;j&agrave; condamn&eacute; &agrave; la prison circulaire du voir, une prison qui ressemble fort &agrave; celle qu&#8217;il va de lui-m&ecirc;me tracer au sol, le jour fameux o&ugrave;, en qu&ecirc;te d&#8217;un dessin &agrave; se faire tatouer dans le dos, il en oublie l&#8217;arbre que la pr&eacute;cautionneuse propri&eacute;taire n&#8217;avait pourtant pas manqu&eacute; de lui signaler, au milieu du champ. <BR><BR><br \/>\n&#8220;[The old woman] had pointed it out to Parker <I>as if he didn&#8217;t have eyes <\/I>and told him to be careful not to hit [the tree] &#8230;&#8221; (520) Comme on la comprend ! L&#8217;homme aux yeux-miroirs ne semble pas l&#8217;ouvrier id&eacute;al ; et le texte de confirmer les intuitions de la ma&icirc;tresse des lieux : &#8220;Parker began at the outside and made circles inward toward it [&#8230;] As he circled the field, his mind was on a suitable design for his back.&#8221; Tra&ccedil;ant au sol, faute de pouvoir les tracer sur son dos, les cercles concentriques qui pr&eacute;figurent peut-&ecirc;tre l&#8217;\u0153il souverain du Christ pantepopte, voil&agrave; donc Parker, entre deux regards, deux soleils qui le prennent en &eacute;tau. &#8220;The sun, the size of a golf ball, began to switch regularly from in front to behind him, but he appeared to see it both places <I>as if he had eyes in the back of his head<\/I>.&#8221; Reflet, sans doute un brin irr&eacute;v&eacute;rencieux, du texte v&eacute;t&eacute;rotestamentaire o&ugrave; Mo&iuml;se, laissant ses sandales selon l&#8217;ordre du Seigneur, se prosterne devant le buisson ardent <SUP> <A HREF=\"#Note10\">[10]<\/A><\/SUP>, cet &eacute;pisode va aussi, fid&egrave;le en cela &agrave; son mod&egrave;le, en pr&eacute;figurer un autre : tout comme le buisson ardent, selon une lecture typologique de la Bible, s&#8217;interpr&egrave;te comme le type de la Transfiguration, l&#8217;arbre de feu, dans le r&eacute;cit d&#8217;O&#8217;Connor, vient annoncer la rencontre avec l&#8217;Image du Christ glorieux dans le livre de tatouage. Mais qu&#8217;est-ce &agrave; dire ? Dans ce jeu de renvois, dans ce vertige &eacute;blouissant o&ugrave; une sp&eacute;cularit&eacute; en remplace une autre, la lumi&egrave;re du sens, elle-m&ecirc;me, s&#8217;obscurcit, tout comme l&#8217;\u0153il s&#8217;aveugle ou s&#8217;&eacute;vide de se diffracter sans cesse : au fil du texte, le regard de Parker se creuse ; il devient cette cr&eacute;ature aux yeux caves (&#8220;hollow-eyed creature&#8221;, 521 ; &#8220;his eyes cavernous&#8221;, 520) et au regard vide (&#8220;vacant&#8221;, 525). Qu&#8217;il soit ici confront&eacute; &agrave; l&#8217;arbre en feu, ou, quelques pages plus loin, qu&#8217;il se retrouve face &agrave; face avec les yeux voraces, irr&eacute;sistibles, de l&#8217;image sans profondeur du Christ byzantin (&#8220;the haloed head of a flat stern Byzantine Christ with all-demanding eyes&#8221;, 522), Parker, tout pantelant, n&#8217;a gu&egrave;re le choix que de se laisser choisir par ces yeux qui le regardent et &agrave; qui il lui faut ob&eacute;ir. A la fois sujet de son regard et objet du regard qui rend possible tout regard, point de vue absolu, r&eacute;f&eacute;rence de toute visibilit&eacute;, Parker, l&#8217;homme qui a vu le voir, &agrave; contrec\u0153ur et &agrave; son corps d&eacute;fendant, l&#8217;homme qui a vu, l&#8217;espace d&#8217;un instant, dans le miroir que lui tendait l&#8217;artiste, les yeux qui voient le regarder (se regarder), est-il donc autre chose qu&#8217;une &#8220;inter-faces&#8221;, emprisonn&eacute; au sein de surfaces qui ne peuvent que lui faire miroiter une illusoire profondeur ? Celui qui a vu le reflet du reflet de la copie de l&#8217;image des yeux du Christ, semble de fait avoir, &agrave; la fois, tout vu et rien vu : la saturation du voir va ici de pair avec l&#8217;invalidation du regard qui ne peut plus que se refl&eacute;ter &#8211; un miroitement que le texte &agrave; la fois reproduit et met en \u0153uvre, en jouant d&#8217;une &eacute;criture au miroir et en devenant le miroir de lui-m&ecirc;me. <BR><BR><br \/>\n<B>L&#8217;&eacute;criture au miroir<br \/>\n<\/B><BR><BR><br \/>\n<BLOCKQUOTE>The artist began where he left off. &#8220;One thing I want to know&#8221;, he said presently as he worked over Parker&#8217;s back, &#8220;why do you want this on you? Have you gone and got religion? Are you saved?&#8221; he asked in a mocking voice. (524)<\/BLOCKQUOTE><\/p>\n<p>L&#8217;artiste, qui dans &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221; travaille sur le dos de Parker, s&#8217;interroge. &Agrave; une majuscule pr&egrave;s (mais les miroirs, chez O&#8217;Connor, sont miroirs d&eacute;formants) le texte se r&eacute;fl&eacute;chit lui-m&ecirc;me sans pour autant laisser affleurer d&#8217;improbables secrets &#8211; trompeuse et paradoxale &#8220;mise en abyme&#8221; dans un texte-peau qui ne s&#8217;incise, ne s&#8217;inscrit, que pour mieux se voiler. Dans &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, l&#8217;artiste n&#8217;a pas le dernier mot ; le texte s&#8217;amuse m&ecirc;me &agrave; le r&eacute;duire au silence et l&#8217;&eacute;loigner de toute confidence. &#8220;[Parker] decided he had told the artist enough of his business. Artists were all right in their place but he didn&#8217;t like them poking their noses into the affairs of regular people.&#8221; (525). L&#8217;&eacute;preuve du miroir ne fait donc miroiter aux yeux du lecteur qu&#8217;une profondeur de bien mauvais aloi. Au c\u0153ur de la fiction et au mitan du texte ne se fait jour qu&#8217;une autre &#8220;fiction&#8221;, un fa&ccedil;onnement, qui est celui du texte lui-m&ecirc;me, &agrave; l&#8217;encre et au stylo. On l&#8217;aura compris : ici, rien ne se livre ; il n&#8217;y a rien &agrave; voir, &agrave; moins, pr&eacute;cis&eacute;ment, que tout se dise dans cette injonction &agrave; voir (&#8220;look&#8221;), toujours doubl&eacute;e d&#8217;un refus, dans ce retrait du sens, infini et paradoxal, au fond d&#8217;une surface vou&eacute;e, semble-t-il, &agrave; n&#8217;&ecirc;tre rien d&#8217;autre que mati&egrave;re &agrave; r&eacute;flexion. Et s&#8217;il n&#8217;y avait donc rien &agrave; voir que le voir&nbsp;? S&#8217;il n&#8217;y avait rien &agrave; creuser, &agrave; percer, que la peau &#8211; cette peau que le texte colore et arbore, cette peau qui est le texte et que le lecteur aurait grand tort de n&eacute;gliger, surface chatoyante, moir&eacute;e, ocell&eacute;e telle une queue de paon, qui se mire en elle-m&ecirc;me en un jeu incessant de lettres en miroir ?<BR><BR><br \/>\n&Agrave; qui veut bien ouvrir les yeux et caresser sa surface, le texte s&#8217;amuse en effet &agrave; lancer des \u0153illades &#8211; doublons, reflets, autant de petits miracles d&#8217;insolence offerts aux lecteurs complices de ces plaisirs sp&eacute;culaires : &#8220;She was plain, plain.&#8221;, peut-on lire d&egrave;s le premier paragraphe, qui bient&ocirc;t r&eacute;cidive : &#8220;She was pregnant and pregnant women were not his favorite type&#8221; (510). Un lecteur attach&eacute; &agrave; chercher sous la trame un sens qui n&#8217;y est peut-&ecirc;tre pas, pourrait certes laisser filer ces &#8220;galaxies&#8221; miniatures qu&#8217;O&#8217;Connor aimait voir sur la queue (<I>tail\/tale<\/I>) des paons, ces jeux de mots qui, tels des mirages, au d&eacute;tour d&#8217;un paragraphe, vous d&eacute;visagent et vous laissent pantois <SUP> <A HREF=\"#Note11\">[11]<\/A><\/SUP>. Lorsque Parker, examinant son &acirc;me, comprend que son tissu arachn&eacute;en ne trouvera de coh&eacute;rence que si lui-m&ecirc;me accepte d&#8217;ob&eacute;ir aux yeux imp&eacute;rieux inscrits sur son dos, la phrase vient refl&eacute;ter son emprisonnement sp&eacute;culaire (&#8220;The eyes that were now forever on his back were eyes to be obeyed&#8221;, 527), m&ecirc;me si, insolent, il d&eacute;joue, dans le m&ecirc;me temps qu&#8217;il l&#8217;instaure, le r&ecirc;ve d&#8217;un moi enfin unifi&eacute;. Le texte, en effet, voit double ou triple, tandis que les yeux, qui sont aussi des &#8220;je&#8221; en puissance (<I>eyes\/Is<\/I>), viennent se mirer dans le verbe m&ecirc;me qui dit l&#8217;ob&eacute;issance qu&#8217;on leur doit (<I>ob-eyed<\/I>) ; restent alors entre ces yeux dispos&eacute;s en miroir (<I>eyes to Be oBeyed<\/I>) deux &#8220;b&#8221; (tels deux dos, peut-&ecirc;tre) qui encerclent &#8211; invers&eacute; &#8211; le chiffre du personnage&nbsp;: &#8220;e o&#8221; pour O. E. (Parker). Est-ce l&agrave; trop jouer avec les mots, scruter &agrave; l&#8217;exc&egrave;s une lettre aux sortil&egrave;ges infinis ? &#8220;The writer should never be ashamed of staring&#8221;, &eacute;crit O&#8217;Connor dans <I>Mystery and Manners <\/I>(84), apr&egrave;s avoir enjoint l&#8217;&eacute;crivain &agrave; tirer avantage de tout ce qui l&#8217;aide &agrave; voir, &agrave; regarder <SUP> <A HREF=\"#Note12\">[12]<\/A><\/SUP>&nbsp;; le lecteur, lui aussi, semble invit&eacute; &agrave; exercer son regard, &agrave; l&#8217;endroit, &agrave; l&#8217;envers, quitte &agrave; laisser se retourner la surface histori&eacute;e de ce texte-peau.<BR><BR> <\/p>\n<p><B><U>II Jeux de surface : la peau et son envers<br \/>\n<\/U><\/B><BR><BR><\/p>\n<p>Il ne s&#8217;agit pas ici de r&eacute;futer toute lecture anagogique du texte, celle qui, selon les mots d&#8217;O&#8217;Connor, se rapporte &#8221;&nbsp;&agrave; la vie divine et &agrave; notre participation &agrave; cette vie.&nbsp;&#8221; (<I>Mystery and Manners<\/I>, 80), mais d&#8217;essayer de ne pas se laisser obnubiler par la seule profondeur que, par transparence le texte expose et impose &#8211; le signifi&eacute; d&eacute;mat&eacute;rialis&eacute; laissant alors transpara&icirc;tre un sens pr&eacute;d&eacute;termin&eacute;. &#8220;The old woman was the kind who would not cut down a large old tree because it was a large old tree&#8221; (520), lit-on avant l&#8217;&eacute;pisode de l&#8217;arbre de feu. &#8221;&nbsp;Ceci n&#8217;est pas un arbre&nbsp;&#8220;, semble dire le texte, moins dans un souci r&eacute;flexif de mise en garde contre les vertiges de la repr&eacute;sentation que tel un index qui montre et tente de prescrire un sens et une marche &agrave; suivre, voie sacr&eacute;e qui a tout l&#8217;air ici d&#8217;un sens unique. Pourtant, Parker h&eacute;site, et le texte avec lui&nbsp;: &#8220;he scrambled <I>backwards<\/I>&#8221; ; &#8220;he move <I>toward<\/I> it, still sitting, strolled <I>backwards<\/I>&#8221;&nbsp;; &#8220;and began a <I>forward<\/I>-bent run&#8221; (520-521). Dans un sens, puis dans l&#8217;autre, les sens et le sens vacillent &agrave; la surface d&#8217;un texte qui ose se montrer texte, texture, tissu &agrave; parcourir, &agrave; retourner, plus encore qu&#8217;abyme recelant d&#8217;improbables profondeurs. <BR><BR><br \/>\n<B>La texture du texte<BR><BR><br \/>\n<\/B><br \/>\nEffets de trame : sur la peau du texte comme sur le dos ocell&eacute; de Parker, les lignes s&#8217;arabesquent, les comparaisons se filent, les motifs se r&eacute;pondent dans un dessin qui, si subtil soit-il, n&#8217;en affleure pas moins sur la toile, et sur la peau, visible &agrave; l&#8217;\u0153il nu. &Agrave; l&#8217;image du patron complexe aux couleurs &eacute;clatantes <SUP> <A HREF=\"#Note13\">[13]<\/A><\/SUP> que Parker distingue sur le corps de l&#8217;homme aux tatouages, le texte s&#8217;ex-peau-se, sans pudeur, et exhibe sa fa&ccedil;on&nbsp;:<BR><br \/>\n<BLOCKQUOTE>The man, who was small and sturdy, <I>moved about<\/I> on the platform, flexing his muscles so that the arabesque of men and beasts and flowers on his skin appeared to have a <I>subtle motion<\/I> of its own. Parker was filled with <I>emotion<\/I>, lifted up as some people are when the flag passes. (512-13)<br \/>\n<\/BLOCKQUOTE><br \/>\nLe mouvement subtil du polyptote (de &#8220;moved about&#8221; &agrave; &#8220;motion&#8221;, puis, dans la phrase suivante, &#8220;emotion&#8221;) anime le texte et laisse voir la trame&nbsp;:<BR><br \/>\n<BLOCKQUOTE>He was a boy whose mouth habitually hung open. He was heavy and earnest, as <B>ordinary as a loaf of bread. <\/B>[&#8230;]<br \/>\nParker had never before felt <I>the least motion of wonder<\/I> in himself. Until he saw the man at the fair, it did not enter his head that there was anything <B>out of the ordinary<\/B> about the fact that he existed. <\/BLOCKQUOTE><br \/>\nParker, l&#8217;homme <I>ordinaire<\/I> ne con&ccedil;oit m&ecirc;me pas l&#8217;<I>extra-ordinaire<\/I> de son existence, tandis qu&#8217;entre les deux occurrences du mot <I>ordinary<\/I> surgit, une derni&egrave;re fois, bouclant la boucle, ou nouant la tresse, le substantif <I>motion<\/I> qui, temporairement du moins, vient arr&ecirc;ter le fil. Le mot &#8220;ordinary&#8221; r&eacute;appara&icirc;tra un peu plus tard, donnant corps cette fois au petit juge de comt&eacute; dans les griffes duquel le texte jette le personnage, toujours trop ordinaire sans doute, de Parker. &#8220;They were married in the Country Ordinary&#8217;s office because Sarah Ruth thought churches were idolatrous.&#8221; (518)<BR><BR><br \/>\nLe tissage est serr&eacute;, qui finit par prendre au pi&egrave;ge Parker lui-m&ecirc;me, incapable d&#8217;&eacute;chapper &agrave; son sort textuel, emp&ecirc;tr&eacute; dans les rets d&#8217;un texte-cauchemard qui, de la m&ecirc;me fa&ccedil;on, inscrit son dos au programme d&egrave;s la deuxi&egrave;me page du r&eacute;cit. On voit d&#8217;abord l&#8217;infortun&eacute; Parker, on s&#8217;en souvient, contraint de rendosser sa chemise (&#8220;put it <I>back<\/I>&#8220;, 511 ) avant de le retrouver, quelques lignes plus tard, sur le dos (&#8220;he fell <I>backwards<\/I>&#8220;, 511), victime d&#8217;une chute qui en annonce d&#8217;autres. Back : le mot se d&eacute;cline sous toutes ses cat&eacute;gories grammaticales et presque jusqu&#8217;&agrave; &eacute;puisement de sens. Apr&egrave;s une nouvelle culbute (&#8220;he found himself flat on his <I>back<\/I> on the ground&#8221; (518)) que lui valent ses avances un peu trop pressantes &agrave; l&#8217;arri&egrave;re du camion (&#8220;in the <I>back<\/I> of it&#8221;, 518), Parker s&#8217;aper&ccedil;oit enfin &#8211; le lecteur est presque soulag&eacute; de l&#8217;entendre &#8211; qu&#8217;il ne lui reste plus d&eacute;sormais de surface disponible que le dos : &#8220;the only surface left on him now was his back&#8221; (518). Pourtant le jeu continue, le sens se nouant et se d&eacute;nouant &agrave; m&ecirc;me la peau du texte : l&#8217;artiste tatoueur habite bien s&ucirc;r au fond d&#8217;une ruelle (&#8220;a <I>back<\/I> street&#8221;, 521) et les bondieuseries les plus r&eacute;centes parmi lesquelles Parker doit choisir le mod&egrave;le &agrave; tatouer se trouvent, on ne s&#8217;en &eacute;tonnera plus, &agrave; la fin de l&#8217;ouvrage (&#8220;in the <I>back<\/I>&#8220;, 522) ; c&#8217;est l&agrave; donc o&ugrave; commence Parker (&#8220;beginning at the <I>back<\/I>&#8220;), parcourant le livre &agrave; rebours (&#8220;turning rapidly <I>backwards<\/I>&#8220;) pour s&#8217;arr&ecirc;ter enfin sur celle des images qui semble, de ses yeux, lui dire &#8211; le lecteur est &agrave; bout &#8211; &#8220;GO BACK&#8221;. Irr&eacute;v&eacute;rencieux, jouant avec les mots &#8211; tous les mots -, le texte effiloche le sens au d&eacute;tour de polys&eacute;mies burlesques qui osent, tour &agrave; tour, d&eacute;sacraliser le patronyme &#8211; il n&#8217;est pas jusqu&#8217;au nom de Parker, dont le r&eacute;cit a pourtant propos&eacute; une ex&eacute;g&egrave;se canonique (O. E pour Obadiah Elihue), que l&#8217;homophonie fac&eacute;tieuse (&#8220;<I>Parker parked<\/I>&#8220;, 518) ne d&eacute;sacralise &#8211; ou mettre en branle la signification m&ecirc;me du titre de la nouvelle : &#8220;I&#8217;m <I>back<\/I>&#8221; (528), s&#8217;exclame Parker &agrave; la fin du texte, finissant de d&eacute;stabiliser le malheureux lecteur qui alors, ou enfin, peut lire, sous ou sur le &#8221;&nbsp;Dos de Parker&nbsp;&#8220;, &#8221;&nbsp;Parker&nbsp;: le retour&nbsp;&#8221; <SUP> <A HREF=\"#Note14\">[14]<\/A><\/SUP>. <BR><BR><br \/>\nSi l&#8217;un des enjeux du r&eacute;cit d&#8217;O&#8217;Connor est l&#8217;incarnation de la lettre &#8211; Parker acceptant enfin, dans les derni&egrave;res pages, en pronon&ccedil;ant et rendossant son nom, de lui donner ou lui redonner corps, le texte, &agrave; rebours et simultan&eacute;ment, semble d&eacute;sincarner le patronyme, tout comme il s&#8217;amuse &agrave; vider les mots d&#8217;une trop pesante chair pour en faire des mots-peaux, enveloppes sonores ou cosm&eacute;tiques, &agrave; retourner comme un gant. <BR><BR><br \/>\n<U><B>Economie carnavalesque de l&#8217;&eacute;criture : l&#8217;avers et le revers de la peau<BR><BR><br \/>\n<\/B><\/U><br \/>\nCarnaval, de l&#8217;italien, <I>carnelevare<\/I>, &ocirc;ter la chair&#8230; Contre toute attente peut-&ecirc;tre, l&#8217;&eacute;criture d&#8217;O&#8217;Connor, dans ce r&eacute;cit du moins, est une &eacute;criture carnavalesque o&ugrave; le renversement des valeurs et des genres (au sens de <I>gender<\/I> <SUP> <A HREF=\"#Note15\">[15]<\/A><\/SUP>) s&#8217;accompagne d&#8217;un &#8220;<BR>retournement&nbsp;&#8220;, voire d&#8217;un d&eacute;tournement des mots. Si &#8221;&nbsp;Parker&#8217;s Back&nbsp;&#8221; est bien l&#8217;histoire d&#8217;une conversion, les mots, plus facilement encore que Parker, se retournent comme le gant de chevreau de <I>Twelfth Night<\/I>, cette autre com&eacute;die du renversement, o&ugrave; les lettres dansent leur quadrille d&eacute;sincarn&eacute; sous les yeux &eacute;bahis du puritain Malvolio, o&ugrave; les phrases, comme les identit&eacute;s et les genres, se prennent dans un sens, et, &agrave; en croire Feste, surtout dans l&#8217;autre : &#8220;[H]ow quickly the wrong side may be turned outward&#8221;, lance-t-il &agrave; Viola\/Cesario, (III, 1, 12). Et si O&#8217;Connor s&#8217;&eacute;tait souvenue de la sentence du fou ? <BR><BR><br \/>\n&#8220;I got most of my other [tattoos] in foreign parts&#8221;, s&#8217;engaillardit Parker (512), au d&eacute;but d&#8217;une sc&egrave;ne d&#8217;exposition, qui menace de ne rien exposer du tout, &agrave; moins que le lecteur lui-m&ecirc;me ne s&#8217;enhardisse, et, retournant le mot, d&eacute;laisse les terres lointaines (<I>foreign parts<\/I>) pour les contr&eacute;es &agrave; peine d&eacute;fendues d&#8217;une sexualit&eacute; &agrave; fleur de peau et de texte. &#8220;You ought to see the ones you can&#8217;t see&#8221;, continue Parker, vantant moins la chair obsc&egrave;ne que l&#8217;app&acirc;t d&#8217;une autre surface. Paradoxe de ce carnaval des signes : c&#8217;est parce que le mot, d&eacute;lest&eacute; d&#8217;un encombrant signifi&eacute;, devient enveloppe labile, r&eacute;versible &agrave; l&#8217;envi, que le corps, dans le texte, peut faire retour, &agrave; l&#8217;envers du mot, sur l&#8217;autre face &#8211; celle qui, chez O&#8217;Connor, s&#8217;exhibe plus qu&#8217;elle ne se voile. Le texte, on l&#8217;a vu, attire le regard : saturant sa surface des &eacute;chos discordants d&#8217;une s&eacute;rie de pr&eacute;fixes dans le passage d&eacute;j&agrave; cit&eacute; (&#8220;dissatisfaction&#8221;, &#8220;<I>dis<\/I>honorable <I>dis<\/I>charge&#8221;, 514), le texte offre, en guise de dernier mot (<I>discharge<\/I>), un mot qui se retourne &#8211; la permission d&eacute;j&agrave; d&eacute;shonorante venant s&#8217;entacher de s&eacute;cr&eacute;tions rien moins que douteuses. Le sens, &agrave; peine secr&eacute;t&eacute; par le mot, s&#8217;excr&egrave;te donc pour laisser place &agrave; un autre, dans ce texte o&ugrave; le bas corporel est l&#8217;envers d&#8217;un visage innocent, voire bigot, o&ugrave; le blasph&egrave;me est l&#8217;autre face de la reconnaissance du divin : &#8220;Christ!&#8221; s&#8217;&eacute;crient les joueurs de billard (526) quand ils soul&egrave;vent la chemise de Parker et d&eacute;couvrent son nouveau tatouage. Juron ou extase divine, pile ou face ? Le texte ne dit pas, mais la question se pose-t-elle dans le cas de cette pi&egrave;ce &agrave; double face que figure ici Parker, une pi&egrave;ce qui n&#8217;a pour revers qu&#8217;un autre avers, contrefa&ccedil;on ou fausse monnaie, sur laquelle nous sommes appel&eacute;s &agrave; sp&eacute;culer&nbsp;?<BR><BR><br \/>\n Confront&eacute; &agrave; un tel carnaval des sens, le lecteur n&#8217;a en effet gu&egrave;re le choix que de jouer le jeu de sa duplicit&eacute; et ne consid&eacute;rer sa valeur nominale (en anglais, &#8221;&nbsp;face-value&nbsp;&#8220;) qu&#8217;en le regardant sur la tranche, l&agrave; sont renvoy&eacute;s dos &agrave; dos, ou face &agrave; face, les signifi&eacute;s de cette surface r&eacute;versible qu&#8217;est le mot. &#8220;That boy&#8217;s a real card!&#8221; (526) s&#8217;exclame, dans la salle de billard, l&#8217;homme &agrave; la chemise &agrave; carreaux : &#8220;a real card&#8221; c&#8217;est-&agrave;-dire un rigolo, un arnaqueur peut-&ecirc;tre, qui, &agrave; l&#8217;image d&#8217;une carte double face, ne peut tenir qu&#8217;un double langage. Dans &#8220;The Displaced Person&#8221;, autre r&eacute;cit d&#8217;O&#8217;Connor, la sentencieuse Mrs. Shortley d&eacute;clare &agrave; qui veut l&#8217;entendre que &#8221;&nbsp;parler deux langues, c&#8217;est comme avoir des yeux derri&egrave;re la t&ecirc;te&nbsp;&#8221; (&#8220;knowing two languages was like having eyes in the back of your head.&#8221;, 233), ce qui donne, si on regarde la proposition en miroir, &#8220;having eyes in the back of your head was like knowing two languages&#8221;. Parker est de fait un beau parleur : expert en mensonges v&eacute;niels et autres contrefa&ccedil;ons (il transforme sa vieille employeuse d&eacute;charn&eacute;e en blonde plantureuse, feint de s&#8217;&ecirc;tre bless&eacute; &agrave; la main pour app&acirc;ter Sarah Ruth, ment sur son &acirc;ge pour rentrer dans la marine etc&#8230;), il joue avec les mots, dont seule l&#8217;enveloppe est pour lui esp&egrave;ce sonnante et tr&eacute;buchante : &#8220;God damnit! he hollered, Jesus Christ in hell! Jesus God Almighty damn! God damnit to hell! He went on, flinging out the same few oaths over and over as loud as he could.&#8221; (511) Ce qui pr&eacute;vaut pour lui, c&#8217;est l&#8217;&eacute;conomie paradigmatique de l&#8217;interchangeabilit&eacute; ; et il jongle &agrave; l&#8217;envi avec les signifiants, les combinant ou les &eacute;changeant, &agrave; l&#8217;instar du petit Harry\/Bevel (mais la candeur en moins) qui, dans le r&eacute;cit intitul&eacute; &#8220;The River&#8221;, s&#8217;&eacute;tonne, lui, de d&eacute;couvrir un sens &agrave; des mots qui n&#8217;&eacute;taient jusqu&#8217;alors qu&#8217;un lot d&#8217;interjections du m&ecirc;me acabit : &#8220;If he had thought about it before, he would have thought Jesus Christ was a word like &#8220;oh&#8221; or &#8220;damn&#8221; or &#8220;God&#8221;&#8221; (163). Pour Parker, le mot et, en particulier, le nom de dieu &#8211; faut-il voir ici de la part d&#8217;O&#8217;Connor un brin d&#8217;impertinence ? -, n&#8217;est donc qu&#8217;une enveloppe, surface rutilante, multi-emploi. &Agrave; l&#8217;artiste qui s&#8217;enquiert de ses go&ucirc;ts en mati&egrave;re d&#8217;ic&ocirc;ne (&#8220;Father, Son or Spirit?&#8221;, 522), Parker r&eacute;pond, d&#8217;un ton d&#8217;impatience : &#8220;Just God. Christ. I don&#8217;t care. Just so it&#8217;s God.&#8221; Qu&#8217;importe donc le mot, pourvu qu&#8217;il ait l&#8217;image&#8230; &Agrave; sa suite, le texte d&#8217;O&#8217;Connor, dont les mots, d&eacute;lest&eacute;s d&#8217;un signifi&eacute; attitr&eacute;, semblent s&#8217;&eacute;couter, se contempler plus encore que se d&eacute;chiffrer, menace lui aussi de succomber &agrave; la tentation de faire image. Dans &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, quand le mot devient peau, il se regarde ; quand l&#8217;&eacute;criture flirte avec l&#8217;image, le texte se tatoue&#8230; faute de mieux.<BR><BR><\/p>\n<p><B>&#8220;a panner-rammer&#8221; : le texte tatou&eacute;<\/B><BR><BR><\/p>\n<p>Si &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221; est bien l&#8217;histoire d&#8217;un homme qui se fait image, cette image, nous ne la verrons jamais, car nous n&#8217;en avons que le texte. C&#8217;est un peu comme si le r&eacute;cit &eacute;tait pris entre l&#8217;impossibilit&eacute; de dire l&#8217;image et la tentation de faire image, non pas tant de la montrer, que, dans un acc&egrave;s de r&eacute;flexivit&eacute;, de devenir image. R&eacute;cit d&#8217;une image &agrave; jamais manquante, &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221; ne cesse donc de nous faire miroiter l&#8217;ekphrasis d&#8217;une peau &#8211; une ekphrasis qui pourrait bien elle aussi &ecirc;tre un leurre, tant elle se sabote elle-m&ecirc;me jusqu&#8217;&agrave; la parodie.<BR><\/p>\n<blockquote><p>There emblazoned in red and blue was a tattooed eagle perched on a cannon. [&#8230;] Above the eagle a serpent was coiled about a shield and in the spaces between the eagle and the serpent there were hearts, some with arrows through them. Above the serpent there was a spread hand of cards.<\/BLOCKQUOTE><BR><\/p>\n<p>&#8220;Haphazard and botched&#8221; (514), dira Parker de l&#8217;effet produit, lui qui est toujours en qu&ecirc;te de la merveilleuse image entr&#8217;aper&ccedil;ue, un jour, sur le corps du forain. &#8220;Haphazard and botched&#8221;, pourrait-on dire aussi de cette premi&egrave;re ekphrasis, pi&egrave;tre accumulation de tours pr&eacute;sentatifs. On e&ucirc;t esp&eacute;r&eacute; mieux que cette s&eacute;rie path&eacute;tique de chromos rutilants &#8211; sauf &agrave; y voir, post&eacute; au d&eacute;but du r&eacute;cit, un <I>caveat lector <\/I>destin&eacute; &agrave; diriger ailleurs le d&eacute;sir du lecteur. D&#8217;ekphrasis, il n&#8217;y en aura pas, ou peu. Le texte ne cherchera pas &agrave; &eacute;crire ce qui semble ne pouvoir se d&eacute;crire ; l&#8217;image, il essaie plut&ocirc;t de l&#8217;inscrire, &agrave; m&ecirc;me sa peau.<BR><BR><br \/>\n&#8220;He visualized having a tattoo put there that Sarah Ruth would not be able to resist-a religious subject. He thought of an open book with HOLY BIBLE tattooed under it and an actual verse printed on the page.&#8221; (519), nous dit le texte, au moment o&ugrave; Parker tente d&#8217;imaginer ce qu&#8217;il va bien pouvoir faire de ce qu&#8217;il lui reste de surface. &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, tout comme le dos de Parker, s&#8217;essaie ici au tatouage, tatouant sa propre peau d&#8217;un texte-image (&#8220;HOLY BIBLE&#8221;, dont il faut souligner ici la typographie), comme si, incapable de dire l&#8217;image, il d&eacute;cidait de nous la montrer en se faisant image. La tentative, pourtant, se solde d&#8217;un &eacute;chec. Car si le texte parvient ici &agrave; faire image, c&#8217;est que l&#8217;image en question n&#8217;est malgr&eacute; tout, toujours et rien de plus, qu&#8217;un texte qui, devenant image, se perd en tant que texte et n&#8217;a pas plus de raison d&#8217;&ecirc;tre que l&#8217;image qui le donne &agrave; voir. <BR><\/p>\n<blockquote><p>This seemed just the thing for a while; then he began to hear her say, &#8220;Ain&#8217;t I already got a real Bible? What you think I want to read the same verse over and over for when I can read it all?&#8221; He needed something better even than the Bible!&#8221; (519)<br \/>\n<\/BLOCKQUOTE><\/p>\n<p>Mieux que le texte, mieux que l&#8217;image d&#8217;un texte, Parker, apr&egrave;s l&#8217;exp&eacute;rience du buisson ardent, d&eacute;cide qu&#8217;il ne lui faut rien moins que l&#8217;ic&ocirc;ne de Dieu tatou&eacute; sur le dos ; mais cette image-l&agrave;, le texte ne peut ni n&#8217;essaie de la restituer, en tant qu&#8217;image, au lecteur. Au lieu de l&#8217;image, le texte nous offre les instruments de son &#8220;faire&#8221;, dans tous les d&eacute;tails &#8211; le savon, le chlorure d&#8217;&eacute;thyle, l&#8217;encre et le stylo d&#8217;iode &#8211; puis il nous la livre en morceaux, des parties qui ne parviennent gu&egrave;re &agrave; faire un tout, des lignes et des traits qui ne la dessine pas tant qu&#8217;ils d&eacute;signent son incompl&eacute;tude :<BR><\/p>\n<blockquote><p>&#8230;a mouth, the beginning of heavy brows, a straight nose, but the face was empty; the eyes had not yet been put in. The impression for the moment was almost as if the artist had tricked him and done the Physician&#8217;s Friend. (523-24)<br \/>\n<\/BLOCKQUOTE><\/p>\n<p>&#8211; &eacute;trange blason d&#8217;un visage morcel&eacute; et aveugle, qui ne fait pas encore image, qui ne peut faire image qu&#8217;en renvoyant &agrave; une autre image d&#8217;anthologie. L&#8217;impression est comme suspendue ; de l&#8217;image, le texte ne peut nous offrir qu&#8217;une fiction, toujours inachev&eacute;e. Dans &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, l&#8217;image ne se regarde pas, ne se confronte pas, face &agrave; face ; si on la voit &#8211; on ne s&#8217;en &eacute;tonnera peut-&ecirc;tre pas &#8211; ce n&#8217;est qu&#8217;&agrave; travers le miroir ent&eacute;n&eacute;br&eacute; du texte qui refl&egrave;te et image sa voix : &eacute;tonnant r&eacute;cit, en effet, que &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221; o&ugrave; ce que l&#8217;on voit de l&#8217;image est avant tout sa voix. <BR><BR><br \/>\n&#8220;A ferocious thud propelled him into the air, and he heard himself saying in an unbelievably loud voice, &#8220;GOD ABOVE!&#8221;&#8221; (520) : la puissance de l&#8217;arbre en feu ne sera pas d&eacute;crite autrement. Le texte ne montre peut-&ecirc;tre donc qu&#8217;en se montrant lui-m&ecirc;me, par l&#8217;entremise de majuscules qui lui dessinent &agrave; fleur de peau l&#8217;empreinte d&#8217;une voix ; dans &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, l&#8217;image parle, l&#8217;image crie, tel le dessin criard qui recouvre le bras de Parker (&#8220;loud design&#8221;, 512), et c&#8217;est ainsi qu&#8217;elle s&#8217;imprime dans le texte, laissant pour empreinte visible, la tonitruance de sa typographie : &#8220;It said as plainly as if silence were a language itself, GO BACK.&#8221; (522) Ne pouvant nous donner &agrave; voir l&#8217;image, le texte se fait image lui-m&ecirc;me, mais cette fois image du dire de l&#8217;image, et non du voir, d&#8217;un dire qui se montre, s&#8217;expose &agrave; fleur de texte. &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, &agrave; l&#8217;image du dos de Parker, devient panorama d&#8217;une voix : &#8220;panner-rammer&#8221;, dira l&#8217;employeuse de Parker (519) &#8211; le mot lui-m&ecirc;me ne pouvant recouvrer la vue, si l&#8217;on peut dire, qu&#8217;en exigeant qu&#8217;on lui pr&ecirc;te l&#8217;oreille. Pour entendre l&#8217;image, il faut donc voir la voix, et le texte de porter les traces visibles de cette voix qui s&#8217;image : HURT (512), GOD ABOVE! (520), GO BACK (522), et peut-&ecirc;tre aussi, &agrave; la page 528, les initiales O.&nbsp;E., qui font du texte un texte ocell&eacute;, telle une image qui nous regarde tout autant qu&#8217;il nous faut la regarder. Or, cette image, expos&eacute;e au regard, &agrave; la fin du r&eacute;cit, se met soudain &agrave; saigner.<BR><BR><\/p>\n<p><U><B>III La passion de l&#8217;image <\/B><\/U><BR><BR><\/p>\n<blockquote><p>Parker was too stunned to resist. He sat there and let her beat him until she had nearly knocked him senseless and large welts had formed on the face of the tattooed Christ. [&#8230;] She stamped the broom two or three times on the floor and went to the window and shook it out to get the taint of him off it. [&#8230;] There he was-who called himself Obadiah Elihue-leaning against the tree, crying like a baby. (529-530)<br \/>\n<\/BLOCKQUOTE><BR><\/p>\n<p>Myst&egrave;re de la fin, passion de l&#8217;image et vengeance de la surface&#8230; En faisant saigner l&#8217;image, Sarah Ruth finit par faire pleurer son envers : l&#8217;image aurait-elle p&eacute;n&eacute;tr&eacute; la peau, sous la peau, pour toucher le c\u0153ur ? En flagellant la face de l&#8217;image, Sarah Ruth s&#8217;attaque &agrave; la source m&ecirc;me du visible, &#8220;the all-demanding eyes&#8221; (522) tatou&eacute;s sur la peau de Parker, pareils aux deux yeux de &#8220;look&#8221; qui constellent le texte. Le vu comme le voir, par ce geste, semblent remis en cause ; &agrave; son point de fermeture, le r&eacute;cit, dans une ultime mise en sc&egrave;ne, brouille la vision au risque de la perdre, &agrave; moins qu&#8217;il ne lui trouve une rel&egrave;ve inattendue dans le toucher. <BR><BR><\/p>\n<p><B>Epreuve de la surface : le toucher<\/B><BR><BR><\/p>\n<p>Ce texte &eacute;crit sous le signe de la peau, ce texte qui nous touche, peut-&ecirc;tre un peu plus que les autres, pourrait en effet &ecirc;tre relu comme l&#8217;histoire d&#8217;un d&eacute;sir, d&eacute;sir de toucher, toujours diff&eacute;r&eacute;, toujours impossible, de toucher l&#8217;image, de toucher le sens, de toucher les sens. <BR><BR><br \/>\nVoulant toucher son &eacute;pouse frigide, O.&nbsp;E. Parker se fait tatouer un Christ sur le dos. Il en aura pour son argent ! Touch&eacute;e, Sarah Ruth l&#8217;est assur&eacute;ment, bien que cela soit &agrave; rebours des attentes de Parker, qui en est quitte pour se faire accuser d&#8217;idol&acirc;tre et se faire chasser de chez lui &agrave; coups de balai. Mais la com&eacute;die de la m&eacute;g&egrave;re non apprivois&eacute;e rouant de coups le pauvre mari se retourne pour laisser place aux sombres couleurs de ce qui pourrait bien &ecirc;tre une Passion. Car toucher l&#8217;image, c&#8217;est d&eacute;j&agrave; toucher &agrave; l&#8217;image. L&#8217;image sacr&eacute;e, intouchable, touche, et refuse qu&#8217;on la touche autrement que des yeux. <I>Noli me tangere<\/I> : dans une r&eacute;criture burlesque de la sc&egrave;ne biblique, Parker se d&eacute;bat entre les mains des joueurs de billards jusqu&#8217;&agrave; ce qu&#8217;ils d&eacute;couvrent le Christ tatou&eacute;, et que, dans le silence, ils se retirent, laissant l&#8217;image intacte. Intacte, pourtant, elle ne va pas le rester : flagell&eacute;e par celle qui croit y voir une idole, l&#8217;image se d&eacute;fait-redevenant pigments, teinte ou souillure (<I>taint<\/I>), &agrave; moins que les coups qui l&#8217;atteignent ne la d&eacute;figurent en tant que figure que pour la faire rena&icirc;tre en tant que corps. Souffrance de l&#8217;image, Passion de la surface : la beaut&eacute; de cet ultime r&eacute;cit d&#8217;O&#8217;Connor est peut-&ecirc;tre l&agrave;, dans cette suspension du sens, ce myst&egrave;re de la fin, o&ugrave; l&#8217;image ne s&#8217;incarne que dans le m&ecirc;me temps qu&#8217;elle s&#8217;estompe, comme si elle ne pouvait devenir tangible qu&#8217;en s&#8217;effa&ccedil;ant. <BR><BR><br \/>\n&#8220;Everything he touches he breaks&#8221; (511), dit de Parker son employeuse &#8211; ce que l&#8217;on pourrait dire aussi de Sarah Ruth, qui en touchant l&#8217;image, la brise comme image, tout en lui donnant corps : corps sacr&eacute;, n&eacute; d&#8217;une image sacrifi&eacute;e. Le dernier mot du r&eacute;cit (&#8220;crying like a baby&#8221;), peut-&ecirc;tre aussi celui de l&#8217;&eacute;crivain &agrave; l&#8217;heure de sa mort, est le cri d&#8217;une naissance que le texte, cette fois, ne nous donne ni &agrave; voir ni &agrave; entendre, ni m&ecirc;me &agrave; d&eacute;chiffrer : ce cri est seulement quelque chose qui nous touche. Chez O&#8217;Connor, lorsque l&#8217;image s&#8217;ouvre, ou se d&eacute;chire, il n&#8217;y a toujours rien &agrave; voir ; si l&#8217;image s&#8217;incarne &agrave; la fin du r&eacute;cit, ses bords entr&#8217;ouverts comme ceux d&#8217;une plaie ne font toujours pas signe vers une quelconque profondeur, vers un ailleurs. Ce qui s&#8217;&eacute;prouve dans l&#8217;&eacute;criture d&#8217;O&#8217;Connor, c&#8217;est, pour reprendre l&#8217;expression de Jean-Luc Nancy dans son opuscule intitul&eacute; <I>Corpus<\/I>, &#8220;l&#8217;exp&eacute;rience de toucher &agrave; ce qui est d&#8217;une certaine fa&ccedil;on l&#8217;intouchable, mais au sens o&ugrave; l&#8217;intouchable n&#8217;est rien qui soit derri&egrave;re, ni un int&eacute;rieur, ou un dedans [&#8230;] L&#8217;intouchable, c&#8217;est que &ccedil;a touche.&#8221; (op. cit., 127) Il ne s&#8217;agit donc plus de p&eacute;n&eacute;trer, mais de rendre concrets une &eacute;paisseur, une texture, un tissage, qui exhibent, dans l&#8217;entrelacs de leurs fils, ce myst&egrave;re si cher &agrave; l&#8217;&eacute;crivain. <BR><BR><\/p>\n<p><B>Epaisseurs<\/B><BR><BR><\/p>\n<p>Sans doute Parker le tatou&eacute; essaiera-t-il, &agrave; la fin du r&eacute;cit, de p&eacute;n&eacute;trer chez lui, comme un voleur. La sc&egrave;ne fr&ocirc;le la bouffonnerie : &#8220;He slammed the car door, stamped up the two steps and across the porch and rattled the door knob. <I>It did not respond to his touch<\/I>. &#8220;Sarah Ruth!&#8221; he yelled. &#8220;Let me in.&#8221;&#8221; (528) Pourtant ni le bouton de porte, ni Sarah Ruth dont la voix est qualifi&eacute;e d&#8217;insensible (&#8220;unfeeling&#8221;) ne r&eacute;agissent &agrave; l&#8217;insistante pouss&eacute;e masculine et la mise en sc&egrave;ne de la p&eacute;n&eacute;tration du corps domestique, pour &eacute;vidente qu&#8217;elle soit ici, n&#8217;est peut-&ecirc;tre pas ce qui devrait attirer le plus notre attention. Relisons. <BR><\/p>\n<blockquote><p>&#8230;as he stood there, a tree of light burst over the skyline.<br \/>\nParker fell back against the door <I>as if he had been pinned there by a lance<\/I>.<br \/>\n&#8220;Who&#8217;s there?&#8221; the voice from inside said and there was a quality about it now that seemed final. [&#8230;]<br \/>\n&#8220;Obadiah&#8221;, he whispered and all at once <I>he felt <\/I>the light <I>pouring through him<\/I>, turning his spider web soul into a perfect arabesque of colors, a garden of trees and birds and beasts. (528)<\/BLOCKQUOTE><\/p>\n<p>Si l&#8217;imp&eacute;n&eacute;trabilit&eacute; du corps de la maison et de la femme laisse place ici &agrave; la p&eacute;n&eacute;tration m&eacute;taphorique de Parker, comme transperc&eacute; par une lance, puis travers&eacute; par la lumi&egrave;re, l&#8217;ambivalence souvent soulign&eacute;e de la conjonction as <I>if<\/I> &#8211; qui n&#8217;&eacute;tablit une analogie que pour la mettre en doute, laisser flotter le sens et l&#8217;ouvrir &agrave; la conjecture ; l&#8217;insistance sur la focalisation (<I>he felt<\/I>) sont autant de m&eacute;diatisations qui semblent faire obstacle &agrave; ce r&ecirc;ve de transparence qu&#8217;elles sugg&egrave;rent pourtant. Car si la chair s&#8217;entrouvre, la lueur aper&ccedil;ue se colorie d&eacute;j&agrave;, vitrail chatoyant plus que fente c&eacute;leste. L&#8217;&acirc;me que se d&eacute;couvre Obadiah Elihue, au moment o&ugrave; il accepte de donner corps &agrave; son nom, cette &acirc;me qui enfin lui appara&icirc;t telle qu&#8217;il l&#8217;a toujours d&eacute;sir&eacute;e, lui offrant cet &#8220;effet total&#8221; <SUP> <A HREF=\"#Note16\">[16]<\/A><\/SUP> dont il r&ecirc;vait, n&#8217;est autre qu&#8217;une trame (a web soul), non pas quelque insubstantialit&eacute; ayant partie li&eacute;e avec l&#8217;&eacute;ther non plus qu&#8217;une profondeur immat&eacute;rielle, mais une concr&eacute;tude qui vient raccorder ses deux (sur)faces, leur donner une &eacute;paisseur. <I>Concrescere<\/I> : s&#8217;&eacute;paissir. Chez O&#8217;Connor, le myst&egrave;re s&#8217;incarne dans l&#8217;&eacute;paisseur d&#8217;une trame &agrave; la mat&eacute;rialit&eacute;paradoxalequine peut s&#8217;appr&eacute;hender que par les sens.  <BR><\/p>\n<blockquote><p>Whatever the novelist sees in the way of truth, &eacute;crit-elle dans <I>Mystery and Manners <\/I>(174), must become <I>embodied in the concrete and human<\/I>. If you shy away from sense experience, you will not be able to read fiction; but you will not be able to apprehend anything else in this world either, because every mystery that reaches the human mind, except in the final stages of contemplative prayer, does so <I>by way of the senses<\/I>. Christ didn&#8217;t redeem us by a direct intellectual act, but became <I>incarnate<\/I> in human form [&#8230;] All this may seem a long way from the subject of fiction, but it is not, <I>for the main concern of the fiction writer is with mystery as it is incarnated in human life<\/I>. <\/BLOCKQUOTE><\/p>\n<p>O&#8217;Connor n&#8217;a eu de cesse, dans ses &eacute;crits et ses discours, de d&eacute;nigrer l&#8217;abstraction, de rire de l&#8217;insubstantiel s&#8217;il n&#8217;est incarn&eacute; dans le concret. Seul le litt&eacute;ral a quelque chance de v&eacute;hiculer le surnaturel, insiste-t-elle (op. cit., 174) ; seule la lettre dans sa mat&eacute;rialit&eacute;, sa sensualit&eacute;, peut conduire au myst&egrave;re du sens, ajoutera le lecteur d&#8217;O&#8217;Connor, sensible &agrave; ce qui se dit dans les non-dits du texte <SUP> <A HREF=\"#Note17\">[17]<\/A><\/SUP>. Le myst&egrave;re de l&#8217;incarnation serait donc avant tout, dans les textes de Flannery O&#8217;Connor, myst&egrave;re incarn&eacute;, donn&eacute;, manifest&eacute;, rendu soudain &eacute;trangement concret par l&#8217;&eacute;criture. Si l&#8217;&eacute;criture d&#8217;O&#8217;Connor touche au myst&egrave;re, c&#8217;est qu&#8217;elle n&#8217;y touche pas : elle l&#8217;incarne, l&#8217;exhibe, l&#8217;expose ; au lecteur, peut-&ecirc;tre, de se laisser toucher. &#8221;&nbsp;Il faut comprendre la lecture, &eacute;crit Nancy, comme ce qui n&#8217;est pas le d&eacute;chiffrement : mais le toucher et l&#8217;&ecirc;tre touch&eacute; [&#8230;] Ecrire, lire, affaire de tact&#8230;&nbsp;&#8221; (76) Mais il s&#8217;agit, chez O&#8217;Connor, d&#8217;un toucher sans contact : l&#8217;&eacute;criture y laisse le myst&egrave;re intact et le sens en souffrance ; elle est &eacute;nigme, au sens o&ugrave; l&#8217;&eacute;nigme est &#8221;&nbsp;manifestation sensible du myst&egrave;re&nbsp;&#8221; <SUP> <A HREF=\"#Note18\">[18]<\/A><\/SUP> &#8211; ostension, dans &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, d&#8217;un retrait ou d&#8217;un effacement.<BR><BR><\/p>\n<p><B>L&#8217;&eacute;nigme comme manifestation du myst&egrave;re<\/B><BR><BR><\/p>\n<p>&#8220;Parker&#8217;s Back&#8221;, qui l&#8217;e&ucirc;t cru, est donc un texte exhibitionniste, qui ne cache rien, qui, en montrant la peau, la peau de Parker et la sienne, &agrave; nu, manifeste ainsi le myst&egrave;re d&#8217;une &eacute;paisseur qui n&#8217;est pas une profondeur mais une trame sensitive. <BR><BR><br \/>\nLa peau comprend, explique, expose, implique les sens [&#8230;] sur son fond, &eacute;crit Michel Serre, dans son ouvrage, <I>Les Cinq sens<\/I>. Les sens hantent la peau, passent dessous et se voient dessus, fleurs, b&ecirc;tes et branches de son tatouage, yeux qui constellent la queue du paon ; ils traversent son &eacute;piderme jusque dans ses secrets subtils. <SUP> <A HREF=\"#Note19\">[19]<\/A><\/SUP> <BR><BR><BR><\/p>\n<p>C&#8217;est &agrave; m&ecirc;me la peau, &agrave; travers cette image qui s&#8217;efface, que tout se dit, que tout est dit. Nous n&#8217;en saurons pas plus. Le sens doit demeurer dans la profondeur de cette surface, dans l&#8217;&eacute;paisseur des mots, la texture du texte et sa trame. &#8220;[T]he first and most obvious characteristic of fiction is that it deals with reality through what can be seen, heard, smelt, tasted and touched&#8221;, r&eacute;p&egrave;te O&#8217;Connor, dans <I>Mystery and Manners<\/I> (91, 197) ; &#8220;The novelist begins his work where human knowledge begins-with the senses.&#8221; (155) <BR><BR><br \/>\nSynesth&eacute;sie : en prenant le dernier texte d&#8217;O&#8217;Connor, &agrave; contresens, &agrave; rebrousse-poil, en n&#8217;acceptant de ne voir de la transcendance que ce que l&#8217;&eacute;criture en manifeste, le lecteur r&eacute;tif n&#8217;a donc peut-&ecirc;tre fait que prendre O&#8217;Connor au mot, retrouvant le corps et le myst&egrave;re de son incarnation dans un texte sensible, sensitif, voire sensuel. Pourquoi tenter encore de d&eacute;florer le myst&egrave;re, ou le texte ? <BR><BR><br \/>\n &#8230;les fentes, les trous, les zones ne donnent rien &agrave; voir, ne r&eacute;v&egrave;lent rien, &eacute;crit Nancy, la vision ne p&eacute;n&egrave;tre pas, elle glisse le long des &eacute;carts, elle suit les d&eacute;parts. Elle est toucher qui n&#8217;absorbe pas, qui se d&eacute;place le long des traits et des retraits qui inscrivent et qui excrivent un corps. Caresse mobile, instable, voyant au ralenti, &agrave; l&#8217;acc&eacute;l&eacute;r&eacute;, &agrave; l&#8217;arr&ecirc;t sur image, voyant aussi par touches d&#8217;autres sens, odeurs, go&ucirc;ts, timbres, et m&ecirc;me, avec les sons, les sens des mots&#8230; (42)<BR><BR><BR><\/p>\n<p>Ne tentons pas d&#8217;aller plus loin, de percer &agrave; jour un r&eacute;cit vuln&eacute;rable qui s&#8217;expose d&eacute;j&agrave;. Restons donc pour une fois &agrave; la surface, l&agrave; o&ugrave; affleure le myst&egrave;re, &agrave; fleur de peau&#8230;<BR><BR><BR><\/p>\n<p><U><B>Notes<\/B><\/U><BR><BR><\/p>\n<p><A Name=\"Note1\"><\/A> [1] J&#8217;emprunte le n&eacute;ologisme &agrave; Jean-Luc Nancy (<I>Corpus<\/I>, Paris, M&eacute;taili&eacute;, 2000, p. 31.)<BR><br \/>\n<A Name=\"Note2\"><\/A> [2] A.Bleikasten note dans l&#8217;introduction de son article publi&eacute; dans le Southern Literary Journal, Vol. XIV (Spring 1982) :<BR><br \/>\n<BLOCKQUOTE>&#8230;nearly all readings of &#8220;Parker&#8217;s back&#8221; are merely elaborations of the religious meaning intended by its author. Yet, as in all truly literary texts, there are <I>meanings in excess <\/I>of the one we are asked to accept as valid and final by the writer, and I can see no point in endlessly embroidering the pattern of interpretation which O&#8217;Connor wanted to impose on her audience. Not that the pattern can be entirely eluded, for even if we deny her a privileged status as interpreter of her work, even if we refuse to be bullied into submission to authorial authority, we cannot disregard the apologetic intentions encoded in her texts. They are unmistakably there, and no honest reading of her fiction can leave them out of account. Other avenues of inquiry and interpretation, however, are not only possible but legitimate [&#8230;] To refresh our perception and appreciation of her work, what is probably needed now is a freer, less timorous and less pious approach, focusing on the multiple meaning produced by the interplay of signifiers rather than on a unique, unequivocal transcendental signified equated with ultimate truth. (p 9-10) (C&#8217;est moi qui souligne.)<\/BLOCKQUOTE><br \/>\nJe me place donc dans la lign&eacute;e de ces critiques qui, conscients du &#8221;&nbsp;vouloir dire&nbsp;&#8221; de l&#8217;auteur, osent pourtant passer outre ces injonctions un tant soit peu autoritaires pour redonner au texte une &#8221;&nbsp;majorit&eacute;&nbsp;&#8221; et lui permettre, une fois d&eacute;samarr&eacute; d&#8217;un signifi&eacute; impos&eacute;, de jouer librement, voire de d&eacute;jouer les significations encod&eacute;es. Accorder au texte cette &#8221;&nbsp;licence d&#8217;expression&nbsp;&#8220;, c&#8217;est refuser d&#8217;arr&ecirc;ter le sens et de clore l&#8217;interpr&eacute;tation-un principe cher &agrave; Flannery O&#8217;Connor dont les textes critiques, sous l&#8217;apparence d&#8217;un dogmatisme sans faille, s&#8217;obstinent, au risque de se contredire, &agrave; m&eacute;nager la possibilit&eacute; d&#8217;une &eacute;chapp&eacute;e du sens, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs. &#8220;A story is good when you continue to see more and more in it, and when it continues to escape you. In fiction, two and two is always more than four.&#8221; (<I>Mystery and Manners<\/I>, 102). L&#8217;\u0153uvre reste ouverte ; au lecteur, rassur&eacute; de ne plus encourir d&#8217;anath&egrave;me, de poursuivre cet exc&eacute;dent de sens qui en fait le myst&egrave;re et l&#8217;attrait. <BR><br \/>\n<A Name=\"Note3\"><\/A> [3] Flannery O&#8217;Connor, <I>Mystery and Manners<\/I>, Sally and Robert Fitzgerald (ed.), Farrar, New York, Straus &#038; Giroux, 1961, p. 45.<BR><br \/>\n<A Name=\"Note4\"><\/A> [4] Flannery O&#8217;Connor, <I>The Complete Stories<\/I>, New York, Faber and Faber, 1971. Toutes les citations sont tir&eacute;es de cette &eacute;dition. Ici, comme ailleurs, sauf indication contraire, c&#8217;est moi qui souligne.<BR><br \/>\n<A Name=\"Note5\"><\/A> [5] L&#8217;adjectif  <I>peeling<\/I> s&#8217;emploie pour une peau qui p&egrave;le, un papier peint qui se d&eacute;colle ou de la peinture qui s&#8217;&eacute;caille ; le substantif peelings signifie, quant &agrave; lui, pelures, &eacute;pluchures &#8211; allusion discr&egrave;te, peut-&ecirc;tre, &agrave; l&#8217;oignon du premier paragraphe. Au d&eacute;tour d&#8217;une simple qualification, qui pourrait passer inaper&ccedil;ue, le texte d&#8217;O&#8217;Connor met  ainsi en place tout un r&eacute;seau de connotations, o&ugrave; reviennent peau, pelures, &eacute;pluchage, habillage et d&eacute;shabillage. <BR><br \/>\n<A Name=\"Note6\"><\/A> [6] &#8220;Fiction writing is very seldom a matter of saying things; it is a matter of showing things.&#8221;, &eacute;crit-elle dans <I>Mystery and Manners<\/I>,  p. 93.<BR><br \/>\n<A Name=\"Note7\"><\/A> [7] Mot qui signifie &#8220;permission&#8221; mais o&ugrave; le lecteur peut d&eacute;j&agrave; entendre les plis et les replis que fait la voile (furl) telle une peau invagin&eacute;e.<BR><br \/>\n<A Name=\"Note8\"><\/A> [8] &#8220;A huge dissatisfaction would come over him and he would go off and find another tattooist and have another space <I>filled up<\/I>.&#8221; (514)<BR><br \/>\n<A Name=\"Note9\"><\/A> [9] &#8220;Dissatisfaction began to grow so great in Parker that there was no containing it outside of a tattoo.&#8221; (519)<BR><br \/>\n<A Name=\"Note10\"><\/A> [10] Voir Exode, 3, 1-6.<BR><br \/>\n<A Name=\"Note11\"><\/A> [11] &#8220;When it suits him, the peacock will face you. Then you will see in a green-bronze arch around him <I>a galaxy of gazing, haloed suns<\/I>. This is the moment when most people are silent.&#8221; (<I>Mystery and Manners<\/I>, 10) Sur le dos de Parker, comme sur la queue du paon, surgissent des soleils divins (le texte joue, ici comme ailleurs, sur l&#8217;homophonie  entre &#8220;sun&#8221; et &#8220;son&#8221;) qui vous regardent en face et vous forcent au silence. <BR><br \/>\nLa fascination de Flannery O&#8217;Connor pour les paons, qui d&eacute;ambulaient dans la cour de la ferme de Milledgeville o&ugrave; elle vivait avec sa m&egrave;re, est bien connue. Dans l&#8217;essai intitul&eacute; &#8220;The King of Birds&#8221;, publi&eacute; en 1961, elle raconte comment un int&eacute;r&ecirc;t d&#8217;abord des plus t&eacute;nus se changea pour elle en passion d&eacute;vorante, et devint une qu&ecirc;te myst&eacute;rieuse. Il y aurait beaucoup &agrave; dire sur ce texte qui, &agrave; bien des &eacute;gards, peut &ecirc;tre lu comme un art po&eacute;tique. &#8221;&nbsp;Et s&#8217;ils sont une m&eacute;taphore de l&#8217;artiste et de l&#8217;&eacute;crivain, c&#8217;est d&#8217;abord parce qu&#8217;ils sont des monstres paisibles, destructeurs, indiff&eacute;rents&nbsp;&#8220;, &eacute;crit Genevi&egrave;ve Brisac dans son ouvrage <I>Loin du paradis, Flannery O&#8217;Connor<\/I>, Paris, Gallimard, 1991 (17). M&eacute;taphore de l&#8217;artiste, le paon est peut-&ecirc;tre aussi incarnation d&#8217;une &eacute;criture dont il faut savoir admirer l&#8217;envers, une &eacute;criture &#8221;&nbsp;&agrave; la Parker&nbsp;&#8221; qui regarde celui qui la regarde jusqu&#8217;au vertige. La ressemblance est troublante, en effet, entre Parker, l&#8217;homme qui porte, inscrit sur son dos les yeux du Christ pantepopte, l&#8217;homme qui cherche pendant des ann&eacute;es un dessin, un patron (&#8220;pattern&#8221;), pour recouvrir sa peau, donner sens &agrave; son &ecirc;tre et forme visible &agrave; son &acirc;me, et ce roi des oiseaux ainsi d&eacute;crit par O&#8217;Connor :<br \/>\n<BLOCKQUOTE>The cock&#8217;s plumage requires two years to attain its <I>pattern<\/I>, and for the rest of his life this chicken will act as though he designed it himself. For his first two years he might have been put together out of a rag bag by an imaginative hand. (<I>Mystery and Manners<\/I>, 8) <\/BLOCKQUOTE><br \/>\n(On se souviendra que Parker n&#8217;est lui non plus gu&egrave;re satisfait de l&#8217;effet produit par ses premiers tatouages &#8220;The effect was [&#8230;] of something haphazard and botched.&#8221; 514)<br \/>\n<BLOCKQUOTE>In his third year he reaches his majority and acquires his tail. For the rest of his life [&#8230;] he will have nothing better to do than manicure it, furl and unfurl it, dance forward <I>and backward <\/I>with it spread. (<I>Mystery and Manners<\/I>, 8,  les italiques sont d&#8217;origine)<\/BLOCKQUOTE><br \/>\n&#8211; danse qui ne laisse de rappeler les incertitudes appuy&eacute;es de la chor&eacute;graphie parkerienne.<BR><br \/>\n<A Name=\"Note12\"><\/A> [12] &#8220;Anything that helps you to see, anything that makes you look.&#8221; (<I>Mystery and Manners<\/I>, 84), ou encore &#8220;For the writer of fiction, everything has its testing point in the eye.&#8221; (op. cit, 91, 144)<BR><br \/>\n<A Name=\"Note13\"><\/A> [13] &#8220;a single intricate design of brilliant color&#8221;, 512.<BR><br \/>\n<A Name=\"Note14\"><\/A> [14] Fac&eacute;ties mises &agrave; part, l&#8217;histoire de Parker est bien l&#8217;histoire d&#8217;un retour : Parker, de retour de ses errances, revient aupr&egrave;s de sa femme et accepte de reprendre son nom. <BR><br \/>\n<A Name=\"Note15\"><\/A> [15] &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221; s&#8217;inscrit en effet dans le genre de la com&eacute;die burlesque du mari battu, elle-m&ecirc;me fond&eacute;e sur un renversement des genres.  En atteste ici le premier paragraphe  du r&eacute;cit  o&ugrave; le regard p&eacute;n&eacute;trant de Sarah Ruth vient renverser l&#8217;image traditionnelle d&#8217;une certaine f&eacute;minit&eacute;. <BR><br \/>\n<A Name=\"Note16\"><\/A> [16] La qu&ecirc;te d&#8217;un &#8221;&nbsp;effet total&nbsp;&#8221; qui supplanterait une vision fragment&eacute;e de l&#8217;\u0153uvre est un principe cher &agrave; O&#8217;Connor. Elle publie en 1963 un essai, repris dans <I>Mystery and Manners<\/I> sous le titre (originel) de &#8220;Total Effect and the Eighth Grade&#8221;, dans lequel elle souligne la capacit&eacute; chez le bon romancier de cr&eacute;er un effet de coh&eacute;rence et de totalit&eacute; :<br \/>\n<BLOCKQUOTE>If he is a good novelist, he raises [the passions] to effect by their order and clarity a new experience-the total effect-which is not in itself sensuous  or simply of the moment. Unless the child has had some literary experience before, he is not going to be able to <I>resolve the immediate passions the book arouses into any true, total picture. <\/I>(139)<\/BLOCKQUOTE><br \/>\nElle reprend la m&ecirc;me id&eacute;e dans un autre essai, &eacute;galement republi&eacute; dans <I>Mystery and Manners <\/I>o&ugrave; elle fustige les &#8221;&nbsp;mauvais lecteurs&nbsp;&#8221; pour ne pas avoir assez de recul sur le texte : &#8220;[the bad readers] don&#8217;t see the book in a perspective that would <I>reduce every part of it to its proper place in the whole<\/I>.&#8221; (188). Il serait int&eacute;ressant de rapprocher cet id&eacute;al d&#8217;&eacute;criture, et de lecture, de la volont&eacute; de Parker de recr&eacute;er sur son corps, devenu son \u0153uvre, cette unicit&eacute; de composition dont la beaut&eacute; l&#8217;avait d&#8217;abord frapp&eacute; sur le corps de l&#8217;homme aux tatouages (&#8220;<I>a single <\/I>intricate design of brilliant color&#8221;, 512) &#8211; effet de totalit&eacute; dont il fait son horizon d&#8217;attente, d&#8217;abord d&eacute;&ccedil;u (&#8220;The effect was not of <I>one<\/I> intricate arabesque of colors&#8230;&#8221;, 514), puis combl&eacute; (&#8220;&#8230;turning his spider web soul into a perfect arabesque of colors, a garden of trees and birds and beasts&#8221;, 528). <BR><br \/>\n<A Name=\"Note17\"><\/A> [17] &#8220;The beginning of human knowledge is through the senses and the fiction writer begins where human perception begins. <I>He appeals through the senses, and you cannot appeal to the senses with abstractions.<\/I> It is a good deal easier for most people to state an abstract idea than to describe and thus re-create some object they actually see. <I>But the world of the fiction writer is full of matter<\/I>, and this is what the beginning fiction writers are loath to create. They are concerned primarily with <I>unfleshed ideas and emotions<\/I>. They are apt to be reformers and to want to write because they are possessed not by a story but by <I>the bare bones of some abstract notion<\/I>. They are conscious of problems, not of people, of questions and issues, not of the <I>texture of existence<\/I>, of case histories and of everything that has a sociological smack, instead of with all those <I>concrete details of life that make actual the mystery of our position on earth. <\/I>[&#8230;] fiction is hard if not impossible to write because <I>fiction is so very much an incarnational art<\/I>.&#8221; (Mystery and Manners, 67)<BR><br \/>\n<A Name=\"Note18\"><\/A> [18] &#8221;&nbsp;Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une &eacute;nigme ? La d&eacute;livrance d&#8217;un sens &agrave; mots couverts, une parole crypt&eacute;e qui laisse soudain &agrave; d&eacute;couvert ce qui &eacute;tait jusque-l&agrave; un pur myst&egrave;re. L&#8217;&eacute;nigme s&#8217;oppose ainsi au myst&egrave;re non pas en tant que sa n&eacute;gation, mais comme figure de sa <I>manifestation crypt&eacute;e<\/I>.&nbsp;&#8221; (Marie-Jos&eacute; Mondzain, <I>Image, Ic&ocirc;ne, Economie,<\/I> Paris, Seuil, 1996, p. 109. Les italiques sont d&#8217;origine.) &#8221;&nbsp;La manifestation sensible du myst&egrave;re, c&#8217;est cela l&#8217;&eacute;nigme, une crypte pour le regard, berceau de l&#8217;imaginaire.&nbsp;&#8221; (op. cit., 150)<BR><br \/>\n<A Name=\"Note19\"><\/A> [19] Michel Serres, <I>Les Cinq sens<\/I>, Paris, Hachette Pluriel, 2003, p.70. <\/p>\n<p><BR><BR> <\/p>\n<p><\/HTML><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par : C&eacute;cile Roudeau &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221; est un texte &eacute;crit sous le signe de la peau &#8211; peau que l&#8217;on habille ou d&eacute;shabille ; que l&#8217;on cache ou que l&#8217;on expose ; que l&#8217;on perce, transperce ou que l&#8217;on peint ; que l&#8217;on incise, que l&#8217;on &eacute;crit, que l&#8217;on inscrit et que l&#8217;on impressionne, que [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":51,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[14],"tags":[],"class_list":["post-52","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-journee-flannery-oconnor-2005"],"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton25.jpg",128,96,false],"thumbnail":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton25.jpg",128,96,false],"medium":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton25.jpg",128,96,false],"medium_large":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton25.jpg",128,96,false],"large":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton25.jpg",128,96,false],"1536x1536":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton25.jpg",128,96,false],"2048x2048":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton25.jpg",128,96,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Webmaster","author_link":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/?author=1"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"par : C&eacute;cile Roudeau &#8220;Parker&#8217;s Back&#8221; est un texte &eacute;crit sous le signe de la peau &#8211; peau que l&#8217;on habille ou d&eacute;shabille ; que l&#8217;on cache ou que l&#8217;on expose ; que l&#8217;on perce, transperce ou que l&#8217;on peint ; que l&#8217;on incise, que l&#8217;on &eacute;crit, que l&#8217;on inscrit et que l&#8217;on impressionne, que&hellip;","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=52"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":246,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/52\/revisions\/246"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/51"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=52"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=52"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=52"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}