{"id":50,"date":"2005-03-03T18:28:19","date_gmt":"2005-03-03T18:28:19","guid":{"rendered":"https:\/\/new-faaam.parisnanterre.fr\/2005\/03\/03\/a-circle-in-the-fire-ou-la-geometrie-instable-de-flannery-oconnor\/"},"modified":"2023-07-21T15:53:27","modified_gmt":"2023-07-21T13:53:27","slug":"a-circle-in-the-fire-ou-la-geometrie-instable-de-flannery-oconnor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/?p=50","title":{"rendered":"<I>A Circle in the Fire<\/I> ou la g\u00e9om\u00e9trie instable de Flannery O&#8217;Connor"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-49\" src=\"https:\/\/new-faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton24.jpg\" width=\"95\" height=\"96\" \/><\/p>\n<p>  <HTML><DIV align=\"left\">par : Jean-Marc Victor<\/DIV> <BR><BR><\/p>\n<p>Petit probl&egrave;me de g&eacute;om&eacute;trie <I>gothique sudiste<\/I> : dans un espace quasi euclidien norm&eacute; (socialement, moralement, racialement et religieusement), &eacute;tant donn&eacute;, d&#8217;une part, l&#8217;ensemble A constitu&eacute; de trois &eacute;l&eacute;ments f&eacute;minins (qu&#8217;on nommera Mrs. Cope, Mrs. Pritchard et Sally Virginia), d&#8217;autre part, l&#8217;ensemble B, sym&eacute;trique du pr&eacute;c&eacute;dent, et constitu&eacute; de trois &eacute;l&eacute;ments masculins (qu&#8217;on nommera Powell, Garfield et W.T. Harper), on tentera de d&eacute;crire le r&eacute;sultat produit par l&#8217;intersection de ces deux ensembles, voire l&#8217;inclusion de l&#8217;ensemble B dans l&#8217;ensemble A. On d&eacute;finira notamment la nature atypique du cercle dans lequel semble se r&eacute;soudre la confrontation des deux ensembles, et l&#8217;on expliquera la perte des propri&eacute;t&eacute;s formelles r&eacute;put&eacute;es invariantes de l&#8217;espace quasi euclidien norm&eacute; menac&eacute; par le feu.<BR><BR><\/p>\n<p>De toutes les mani&egrave;res de &#8220;probl&eacute;matiser&#8221; &#8220;A Circle in the Fire&#8221;, je retiendrai ici la plus litt&eacute;rale, qui consiste &agrave; voir dans cette nouvelle de Flannery O&#8217;Connor un probl&egrave;me de g&eacute;om&eacute;trie variable ou, comme je le disais, de g&eacute;om&eacute;trie gothique sudiste : instable dans ses cat&eacute;gories, grotesque dans ses chevauchements et monstrueuse dans ses m&eacute;tamorphoses. Plusieurs signaux diss&eacute;min&eacute;s dans les autres nouvelles m&#8217;incitent &agrave; privil&eacute;gier cette approche, notamment la r&eacute;currence insistante de motifs g&eacute;om&eacute;triques qui spatialisent les enjeux du r&eacute;cit : fen&ecirc;tres, portes, rectangles de lumi&egrave;re et autres angles droits qui envahissent la g&eacute;om&eacute;trie urbaine dans &#8220;The Geranium&#8221; (6), &#8220;Judgement Day&#8221; (531) et &#8220;Everything That Rises Must Converge&#8221; (419), figures circulaires telle l&#8217;ar&egrave;ne de verdure dont Mrs May occupe le centre sous l&#8217;\u0153il du taureau (<I>the bull&#8217;s eye<\/I>) dans &#8220;Greenleaf&#8221; (332), entrelacs de lignes que forment les voies ferr&eacute;es &agrave; l&#8217;approche de la gare dans &#8220;The Artificial Nigger&#8221; (258), intersection de lignes et de plans dans le tableau abstrait au d&eacute;but de &#8220;The River&#8221; (157), spirale centrip&egrave;te dessin&eacute;e par Guizac tournant autour de la tombe du Juge dans &#8220;The Displaced Person&#8221; (221, 224), spirale centrifuge &eacute;loignant Mr. Head et Nelson du d&ocirc;me qui leur servait de rep&egrave;re &agrave; Atlanta dans &#8220;The Artificial Nigger&#8221; (266), translations et sym&eacute;tries en tous genres qui r&egrave;glent les changements de places dans la salle d&#8217;attente de &#8220;Revelation&#8221; ou dans le bus de &#8220;Everything That Rises Must Converge&#8221;. A cette liste, qui ne pr&eacute;tend pas &agrave; l&#8217;exhaustivit&eacute;, il faudrait ajouter les nombreuses nouvelles qui, avec une plus ou moins grande ironie m&eacute;tatextuelle, font appara&icirc;tre le mot &#8220;line&#8221; dans leurs derni&egrave;res <I>lignes<\/I> (j&#8217;en compte au moins six).<SUP> <A HREF=\"#Note1\">[1]<\/A><\/SUP> <BR><BR><br \/>\n\tCette tendance &agrave; l&#8217;abstraction g&eacute;om&eacute;trique, qui semble aller au rebours de la pr&eacute;dilection affich&eacute;e par O&#8217;Connor pour un &#8220;art de l&#8217;incarnation&#8221; (<I>Mystery and Manners<\/I> 68), prend une ampleur inattendue dans &#8220;A Circle in the Fire&#8221;. Elle s&#8217;y pare aussi d&#8217;embl&eacute;e d&#8217;une remarquable ironie : ainsi, le cercle annonc&eacute; par le titre et qui, d&#8217;entr&eacute;e de jeu &#8211; car c&#8217;est bien d&#8217;un jeu qu&#8217;il s&#8217;agit &#8211; c&egrave;de la place au motif de la <I>ligne<\/I> &agrave; la premi&egrave;re <I>ligne<\/I> du texte : &#8220;Sometimes the last line of trees was a solid gray-blue wall&#8221; (175). Il y a de la malice &agrave; ouvrir ainsi la nouvelle : d&#8217;abord parce que l&#8217;attente l&eacute;gitimement suscit&eacute;e par le titre est d&eacute;jou&eacute;e, ensuite parce que la premi&egrave;re ligne du texte, litt&eacute;ralement convertie en &#8220;derni&egrave;re ligne&#8221; (&#8220;last line of trees&#8221;), dresse aussit&ocirc;t un mur devant le regard du lecteur qui entre dans l&#8217;univers fictif (&#8220;a solid gray-blue wall&#8221;). Mon propos sera d&#8217;identifier dans la nouvelle les diverses manifestations et fonctions de telles m&eacute;tamorphoses de la g&eacute;om&eacute;trie en tant qu&#8217;elles donnent forme, c&#8217;est-&agrave;-dire informent et d&eacute;forment, la structure narrative et les sens qu&#8217;elle met en <I>jeu<\/I>, dans l&#8217;acception la plus ludique du mot, certes, mais la plus dangereuse aussi. Car enfin ces enfants devraient savoir qu&#8217;on ne joue pas avec les allumettes, surtout quand on doit r&eacute;soudre un probl&egrave;me de g&eacute;om&eacute;trie : c&#8217;est pourtant ce qu&#8217;ils font, et plus encore qu&#8217;avec les allumettes, c&#8217;est avec les nerfs de la propr&eacute;taire des lieux qu&#8217;ils jouent, avec les n&ocirc;tres aussi. Il y a n&eacute;anmoins quelque chose d&#8217;obscur&eacute;ment jubilatoire &agrave; les suivre dans leurs jeux interdits, d&#8217;autant qu&#8217;ils semblent finalement remporter la partie en entrant &agrave; l&#8217;int&eacute;rieur de ce &#8220;cercle dans le feu&#8221; qui les rend invuln&eacute;rables, un peu comme s&#8217;ils avaient atteint le ciel d&#8217;une marelle fictionnelle dont l&#8217;ensemble du r&eacute;cit reproduirait le parcours, fait de cases aux formes changeantes et sur lesquelles il faudrait progresser en respectant certaines figures impos&eacute;es.<BR><BR><br \/>\n<CENTER>*  *  *<\/CENTER><BR><BR><br \/>\n\tAu-del&agrave;, ou plut&ocirc;t en de&ccedil;&agrave;, de &#8220;l&#8217;ultime rang&eacute;e d&#8217;arbres&#8221; sur laquelle s&#8217;ouvre le texte, l&#8217;incipit rec&egrave;le d&#8217;autres motifs g&eacute;om&eacute;triques qui placent bien vite la nouvelle sous le signe d&#8217;une sorte d&#8217;exp&eacute;rimentation formelle o&ugrave; diverses configurations, envisag&eacute;es tour &agrave; tour, se remplacent, se combattent, se f&eacute;condent. Alors que la ligne vient de surprendre le lecteur en retardant l&#8217;apparition du cercle &eacute;ponyme, elle est aussit&ocirc;t supplant&eacute;e &agrave; son tour par le triangle que forment les trois personnages f&eacute;minins : &#8220;[Mrs. Pritchard] and the child&#8217;s mother were underneath the window the child was looking down from&#8221; (175). La ligne, le cercle et le triangle : telles sont les trois figures qui ne cesseront de se relayer et de permuter tout au long de la nouvelle. Dans le m&ecirc;me paragraphe d&#8217;ouverture, un axe de sym&eacute;trie se dessine entre Mrs. Pritchard et Mrs. Cope, qui portent des chapeaux identiques, bien qu&#8217;un principe d&#8217;inversion de certains attributs physiques conf&egrave;re &agrave; l&#8217;une un visage pointu sur un corps rond (&#8220;a large woman with a small pointed face&#8221;) et &agrave; l&#8217;autre un visage rond sur un corps longiligne (&#8220;Mrs. Cope was the opposite, very small and trim, with a large round face&#8221;). M&ecirc;me les chapeaux, malgr&eacute; leur ressemblance initiale, ont des caract&eacute;ristiques contraires que souligne une structure en chiasme : &#8220;Mrs. Pritchard&#8217;s was faded (<I>couleur<\/I>) and out of shape (<I>forme<\/I>) while Mrs. Cope&#8217;s was still stiff (<I>forme<\/I>) and bright green (<I>couleur<\/I>)&#8221; (175). Cette sym&eacute;trie, quoique imparfaite, s&#8217;accentuera bient&ocirc;t aux yeux de la fillette qui les observe, r&eacute;duisant les deux femmes &agrave; des synecdoques qui se font face : &#8220;Mrs. Cope&#8217;s and Mrs. Pritchard&#8217;s legs were facing each other in the black hall&#8221; (181) ; puis : &#8220;the two sunhats disappeared in the woods&#8221; (187). Deux paires de jambes (c&#8217;est-&agrave;-dire quatre lignes) ou deux chapeaux (c&#8217;est-&agrave;-dire deux cercles), qu&#8217;importe : la repr&eacute;sentation des personnages proc&egrave;de par stylisation, c&#8217;est-&agrave;-dire par s&eacute;lection de traits ou de formes parcellaires jug&eacute;s repr&eacute;sentatifs d&#8217;un tout. <BR><BR><br \/>\n\tLe m&ecirc;me principe de sym&eacute;trie, doubl&eacute; encore d&#8217;une inversion des attributs physiques, pr&eacute;side &agrave; la troublante g&eacute;om&eacute;trie des regards associ&eacute;e &agrave; Mrs. Cope et &agrave; Powell. Le verbe &#8220;enlarge&#8221; est employ&eacute; &agrave; trois reprises pour d&eacute;finir le regard de Mrs. Cope, le vouant &agrave; une sorte d&#8217;expansion infinie, ou pour le dire en termes g&eacute;om&eacute;triques, &agrave; de constants changements d&#8217;&eacute;chelle (175, 177, 185). A l&#8217;inverse, encerclement et concentration gouvernent la mani&egrave;re dont les yeux de Powell appr&eacute;hendent le r&eacute;el : &#8220;one of Powell&#8217;s eyes seemed to be making a circle of the place&#8221; (179) ; &#8220;[he] looked as if he were trying to enclose the whole place in one encircling stare&#8221; (181). Certes, ce regard qui encercle fait &eacute;cho au titre de la nouvelle et mat&eacute;rialise ainsi un premier avatar de la figure circulaire qui triomphera dans le d&eacute;nouement. Mais en opposant &agrave; l&#8217;expansion qui caract&eacute;rise le regard adverse un irr&eacute;sistible resserrement, il fait jouer (dans tous les sens du terme) deux principes g&eacute;om&eacute;triques antagonistes qui d&eacute;placent les enjeux du r&eacute;cit sur le terrain plus abstrait de repr&eacute;sentations spatiales contradictoires : ce ne sont pas deux individus, deux personnalit&eacute;s, deux psychologies qui entrent en conflit, mais deux principes dynamiques, deux forces certes incarn&eacute;es dans deux corps, mais aussi stylis&eacute;es et presque th&eacute;oriques.<BR><BR><br \/>\n\tL&#8217;espace di&eacute;g&eacute;tique, on le voit tr&egrave;s vite, est parcouru par plusieurs axes de sym&eacute;trie qui structurent la nouvelle et la mettent en tension, comme pour &eacute;prouver la r&eacute;sistance de l&#8217;objet litt&eacute;raire qu&#8217;est cette forme br&egrave;ve si pleine et si dense, en m&ecirc;me temps que la r&eacute;sistance des personnages qui l&#8217;habitent. Ces axes dessinent des lignes de fracture qui passent soit entre les deux femmes (ma&icirc;tresse et employ&eacute;e), soit entre les sexes (trois gar&ccedil;ons face &agrave; un univers enti&egrave;rement f&eacute;minin), soit entre les races (&#8220;[The two Negroes] passed [Mrs. Cope] almost without looking at her&#8221;, 193), soit entre les classes (la propri&eacute;taire et les jeunes vagabonds qui contestent son droit &agrave; la propri&eacute;t&eacute; priv&eacute;e, comme le souligne Andr&eacute; Bleikasten dans son r&eacute;cent ouvrage [Bleikasten 55]).<BR><BR> Symboliquement, aux deux-tiers du r&eacute;cit, Mrs. Cope retrouve d&#8217;ailleurs les trois gar&ccedil;ons &#8220;de l&#8217;autre c&ocirc;t&eacute; de la route&#8221; (188). La fillette, elle, est travers&eacute;e par plusieurs de ces lignes de fracture, incapable de d&eacute;finir son appartenance &agrave; un espace plut&ocirc;t qu&#8217;&agrave; un autre, tout enti&egrave;re livr&eacute;e &agrave; l&#8217;ind&eacute;finissable &eacute;tat d&#8217;enfance qui la laisse incompl&egrave;te, flottante et pour ainsi dire fantomatique : ni les deux femmes, ni les trois gar&ccedil;ons ne remarquent sa pr&eacute;sence dans les marges que sont l&#8217;&eacute;tage de la maison et la lisi&egrave;re du bois. Entre fantasme d&#8217;&eacute;mancipation et servilit&eacute;, elle hurle &agrave; sa m&egrave;re &#8220;Leave me be&#8221; (190) mais revient vers elle en criant &#8220;Mama, Mama&#8221; (193) ; entre masculin et f&eacute;minin, elle enfile une salopette par-dessus sa robe et s&#8217;affuble de deux pistolets et d&#8217;un chapeau d&#8217;homme (comme en r&eacute;ponse au chapeau des deux femmes) (190).<BR><BR><br \/>\n\tSous son regard-limite, les autres &eacute;voluent au gr&eacute; d&#8217;une chor&eacute;graphie dont la pr&eacute;cision g&eacute;om&eacute;trique surprend. Comme souvent chez O&#8217;Connor, il est dit lequel du bras gauche ou du bras droit accomplit l&#8217;action la plus insignifiante, de quel c&ocirc;t&eacute; de la maison se trouvent les uns ou les autres, quel type exact de figure est dessin&eacute; par tel geste dans l&#8217;espace, quels rep&egrave;res et combien viennent baliser cet epace : &#8220;[she] looked down on the <I>other side<\/I> of the house where there were <I>three<\/I> white lawn chairs and red hammock strung between <I>two<\/I> hazelnut trees&#8221; ; et plus loin encore : &#8220;The large boy was stretched out in the hammock with his wrists <I>crossed<\/I> under his head and the cigarette stub in the <I>center<\/I> of his mouth. He spit it out in an <I>arc<\/I> just as Mrs. Cope came around the <I>corner<\/I> of the house with a plate of crackers&#8221; (181, mes italiques). Un c&ocirc;t&eacute;, un centre, un arc, un angle : dans l&#8217;ar&egrave;ne de la fiction o&ugrave; elle les a lanc&eacute;s, O&#8217;Connor exp&eacute;rimente sur ses personnages divers types de configurations ; les fr&ocirc;lements auxquels elle les expose la font cruellement jubiler &#8211; et nous avec elle. Car si pour l&#8217;instant tel c&ocirc;t&eacute;, tel angle restent clairement identifi&eacute;s, tel centre demeure circonscrit, tel arc ne d&eacute;vie pas trop de son trac&eacute;, nous savons que cela ne va pas durer, que cette configuration est &eacute;ph&eacute;m&egrave;re, et nous jouissons de deviner qu&#8217;elle est promise &agrave; un effondrement. Cette g&eacute;om&eacute;trie est un peu sadique, mais pas plus que l&#8217;enfance o&ugrave; il suffit d&#8217;un coup de pied pour faire tomber un ch&acirc;teau de cartes ou de cubes.<BR><BR><br \/>\nAu fur et &agrave; mesure de ces recompositions, O&#8217;Connor truffe son texte de pr&eacute;cisions num&eacute;riques surabondantes comme d&#8217;autant de cotes g&eacute;om&eacute;triques, dans un souci quasi obsessionnel de chiffrage exact du r&eacute;el. Par contraste, les m&eacute;tamorphoses prennent relief et ampleur sur un arri&egrave;re-plan de mesures rigoureuses qui expriment la configuration initiale du r&eacute;el pour mieux faire appr&eacute;cier les transformations qu&#8217;il subit : des abc&egrave;s dentaires par quatre (177), des oies par quatre aussi (188), treize ans pour Powell (179), douze ans pour la fillette (181), des pins quatre fois plus grands qu&#8217;elle (191), dix immeubles &agrave; Atlanta de quatre &eacute;tages de haut (182), rien n&#8217;&eacute;chappe &agrave; ce comptage, ni l&#8217;heure qu&#8217;il est, ni le temps qu&#8217;il reste, ni la distance entre les &ecirc;tres et les choses. O&#8217;Connor r&eacute;alise ses constructions &agrave; la r&egrave;gle et au compas. Tout est &eacute;troitement quadrill&eacute; m&ecirc;me si, ironiquement, un quadrillage menace de se superposer &agrave; un autre : le parking envisag&eacute; avec terreur par la fillette (192) n&#8217;est rien d&#8217;autre, en v&eacute;rit&eacute;, qu&#8217;un red&eacute;coupage du paysage initialement d&eacute;crit comme un patchwork (&#8220;The trees across the near field were a patchwork of gray and yellow greens&#8221;, 176). Le tr&egrave;s urbain &#8220;parking lot&#8221; trouve d&#8217;ailleurs son pendant agricole dans la parcelle (&#8220;the lot&#8221;) &eacute;voqu&eacute;e quatre lignes plus bas : &#8220;the two Negroes stopped filling the manure spreader in the lot&#8221; (193). Cette parcelle serait-elle d&eacute;j&agrave; un parking ? A l&#8217;&eacute;vidence, O&#8217;Connor prend autant de plaisir &agrave; d&eacute;composer et recomposer le d&eacute;cor qu&#8217;un enfant &agrave; ses jeux de d&eacute;coupage.<BR><BR><br \/>\n\tEn d&eacute;pit des contraintes qu&#8217;imposent ces figures g&eacute;om&eacute;triques, elle s&#8217;attache &agrave; faire trembler les contours de cette repr&eacute;sentation hyper-norm&eacute;e et quasi arithm&eacute;tique en imposant &agrave; tous les &eacute;l&eacute;ments qui la constituent un principe singulier de circulation et de redistribution des attributs, dont la fixit&eacute; initiale n&#8217;est qu&#8217;illusoire. Ce principe est &agrave; l&#8217;\u0153uvre dans les d&eacute;tails les plus anodins du lexique qui se r&eacute;pondent en d&#8217;innombrables &eacute;chos. Un m&ecirc;me mot revient de loin en loin (une forme, un cadre, un geste, une posture) pour qualifier des &eacute;l&eacute;ments inscrits dans des plans <I>a priori<\/I> distincts, mais entre lesquels un trait commun signale une ligne d&#8217;intersection. Par exemple, &#8220;ambling&#8221; caract&eacute;rise aussi bien l&#8217;allure du taureau que la d&eacute;marche des ouvriers noirs (188, 193) ; &#8220;coffin&#8221; est un attribut que partage le nouveau-n&eacute; dans l&#8217;anecdote du poumon d&#8217;acier et Powell, semblable &agrave; un fant&ocirc;me dress&eacute; dans son cercueil (176, 192) ; &#8220;destroy&#8221; est aux yeux de Mrs. Cope la vocation commune des mauvaises herbes, des ouvriers noirs, de l&#8217;ouragan et m&ecirc;me de Powell, qui arbore un <I>destroyer<\/I> sur sa chemise (175, 177, 179, 188) ; &#8220;kneel&#8221; fait &eacute;trangement co&iuml;ncider trois actes distincts qui, dans cette nouvelle, s&#8217;effectuent &agrave; genoux &agrave; la mani&egrave;re d&#8217;une figure impos&eacute;e : d&eacute;sherber, prier et regarder par la fen&ecirc;tre (177, 178, 180-81).<BR><BR><br \/>\nTout se chevauche, se superpose, s&#8217;interp&eacute;n&egrave;tre, un peu comme si les contours nets dont r&ecirc;ve Mrs. Cope qui d&eacute;sherbe, structure, ordonne et classe, &eacute;taient soudain vus &agrave; travers le filtre d&eacute;formant du strabisme de Powell et de Sally Virginia, strabisme &eacute;trangement &eacute;tendu &agrave; la perception de tout l&#8217;espace fictionnel. Car ces deux-l&agrave; louchent, elle par moments (&#8220;She dropped back from the window and stood with her back against the wall, squinting fiercely as if she had been slapped in the face and couldn&#8217;t see who had done it&#8221;, 185), lui en permanence (&#8220;One of his eyes had a slight cast to it so that it seemed to be coming from two directions at once as if it had them surrounded&#8221;, 179). En proie &agrave; cette vision d&eacute;formante, les innombrables avatars de la pointe, du pointu ou du pointage, d&eacute;signant sans cesse des directions divergentes, illustrent bien le fonctionnement suspect, pour ne pas dire louche, de cette g&eacute;om&eacute;trie invitant &agrave; un parcours fl&eacute;ch&eacute; qui, allant partout &agrave; la fois, c&#8217;est-&agrave;-dire dans les trois directions de l&#8217;espace, semble ne plus mener nulle part. On s&#8217;&eacute;puise presque &agrave; suivre ces formes aux lignes saillantes qui pointent (<I>to point<\/I>) ici ou l&agrave; : le bout de la chaussure de Mrs. Pritchard (&#8220;the toe pointed into the ground&#8221;, 175), son visage (&#8220;a small pointed face&#8221;, 175), le d&eacute;plantoir de Mrs. Cope (&#8220;Mrs. Cope was on her knees, pointing her trowel into the ground&#8221;, 177 ; puis : &#8220;[she] pointed across the road with the trowel&#8221;, 177 ; puis encore : &#8220;she pointed the trowel up at Mrs. Pritchard&#8221;, 178). O&ugrave; faut-il regarder : en haut, en bas, le ciel, la terre ? <I>Everything that rises must converge<\/I> &#8211; certes, mais dans l&#8217;exercice de cette g&eacute;om&eacute;trie paradoxale, certains partent avec un s&eacute;rieux handicap. Et cela ne s&#8217;arrange gu&egrave;re lorsque les trois gar&ccedil;ons sont r&eacute;unis : &#8220;They stood there, each looking in a different direction&#8221; (185). Mieux encore, cela se complique lorsque les paroles des personnages sont spatialis&eacute;es selon le m&ecirc;me sch&eacute;ma divergent. Ainsi, &agrave; une question qu&#8217;on lui pose, l&#8217;un des ouvriers noirs pr&eacute;f&egrave;re ne pas r&eacute;pondre : &#8220;[he] walked off without giving no reply <I>one way or the other<\/I>&#8221; (186, mes italiques). Aurait-il renonc&eacute; &agrave; suivre toutes ces fl&egrave;ches ? Il parle, en tout cas, comme Powell regarde : &#8220;with his two-sided glassed gaze&#8221; (188). Et &agrave; son tour, ce regard o&ugrave; entre quelque chose qui rappelle le verre (&#8220;glassed&#8221;) lorgne aussi, si j&#8217;ose dire, en direction d&#8217;une pr&eacute;c&eacute;dente occurrence du mot &#8220;glass&#8221; : &#8220;the grass was an unnatural green as if it were turning to glass&#8221; (185). <I>Grass \/ Glass <\/I>&#8211; paranomase ou strabisme, quelle importance ? Le regard de verre de Powell le rapproche &agrave; nouveau de cette herbe, mauvaise dans tous les sens du terme, qu&#8217;il faut tenter d&#8217;extirper.<BR><BR><br \/>\nMais le d&eacute;sherbage entrepris par Mrs. Cope sera vain car trop de turbulences le vouent &agrave; l&#8217;&eacute;chec : celles des trois gamins, bien s&ucirc;r, mais surtout celles d&#8217;une g&eacute;om&eacute;trie instable qui expose les figures, les &ecirc;tres, les espaces &agrave; d&#8217;innombrables formes d&#8217;intrusion, d&#8217;invasion, d&#8217;inclusion, d&#8217;englobement. La plus grotesque, mais aussi l&#8217;une des plus courantes chez O&#8217;Connor, c&#8217;est la bouche pleine <SUP> <A HREF=\"#Note2\">[2]<\/A><\/SUP> &#8211; ici, celle de la fillette : &#8220;a large mouth full of silver bands&#8221; (181). Bien au-del&agrave; de cet encombrant appareillage, tout l&#8217;espace est menac&eacute; d&#8217;envahissement d&egrave;s l&#8217;ouverture : &#8220;The child thought the blank sky looked as if it were pushing against the fortress wall, trying to break through&#8221; (176). Tr&egrave;s vite, les mauvais gar&ccedil;ons prennent racine comme les mauvaises herbes : ils sont dans la place. La p&eacute;n&eacute;tration se prolonge par le regard : &#8220;All three boys had white penetrating stares&#8221; (179). Parfois, le regard taille dans le r&eacute;el pour en soustraire un fragment : &#8220;The big boy turned his head just enough to take in a small section of [Mrs. Cope]&#8221; (185). Les limites corporelles ne lui font plus obstacle : &#8220;[Powell] continued to look through [Mrs. Cope] at nothing in particular&#8221; (189). L&#8217;entr&eacute;e des trois gar&ccedil;ons sur la propri&eacute;t&eacute; semble m&ecirc;me gommer les contours tangibles de l&#8217;espace : &#8220;as if they were going to walk on through the side of the house&#8221; (178). Face &agrave; cette menace, un d&eacute;sir obsessionnel de cadrage tente litt&eacute;ralement (mais vainement) de contre<I>carrer<\/I> les caprices d&#8217;une g&eacute;om&eacute;trie devenue fantaisiste et incontr&ocirc;lable. La jeune observatrice rebaptis&eacute;e &#8220;the child in the window&#8221; (182) s&#8217;encadre dans la fen&ecirc;tre qui enserre son regard et o&ugrave; sa m&egrave;re vient la remplacer, l&#8217;espace d&#8217;un instant, avant de devoir, &agrave; son tour, c&eacute;der sa place : &#8220;The child took over the position in the window&#8221; (187). Toujours ce jeu sur la place &agrave; prendre : chaises musicales, qui va &agrave; la chasse, etc. Il lui faudra sortir de son cadre et se frotter au r&eacute;el d&#8217;un peu plus pr&egrave;s, dans les derni&egrave;res pages de la nouvelle, pour enfin voir autrement, quitte &agrave; brandir symboliquement un nouveau cadre devant ses yeux : le quadrillage de l&#8217;hypoth&eacute;tique parking.<BR><BR><br \/>\nCela n&#8217;emp&ecirc;che pourtant pas ces espaces qu&#8217;on croyait norm&eacute;s, balis&eacute;s, contenus, de se vider de leur substance : <I>out, out, out<\/I>, scande le texte. Et le r&eacute;el ne cesse de fuir, de sortir obstin&eacute;ment de ses limites : sortir d&#8217;Atlanta et de ses cit&eacute;s nouvelles (179), sortir de sa chaussure les cailloux qui blessent le pied (180), sortir du hamac (183), sortir des bois (183), sortir la t&ecirc;te par la fen&ecirc;tre en sortant sa langue comme si l&#8217;on allait vomir (185). Et bient&ocirc;t le principe s&#8217;emballe, comme les chevaux que les gamins lib&egrave;rent : &#8220;out the saddleroom&#8221;, &#8220;out the barn&#8221;, &#8220;out the milk room&#8221;, &#8220;out the cans&#8221; (186). Puis c&#8217;est le taureau : &#8220;They&#8217;ve let out the bull!&#8221; ; puis c&#8217;est l&#8217;huile de moteur : &#8220;the boys let the oil out of the three tractors&#8221; (188). Chez O&#8217;Connor, il faut que &ccedil;a sorte. R&eacute;sultat : &#8220;Two blue veins had come out on either side of Mrs. Cope&#8217;s forehead&#8221; (188). M&ecirc;me la propri&eacute;taire ne se contient plus.<br \/>\nPlus rien ne contient rien, d&#8217;ailleurs. La porosit&eacute; des formes se g&eacute;n&eacute;ralise, les &eacute;tats s&#8217;interp&eacute;n&egrave;trent. Les gar&ccedil;ons ironisent sur le sexe ind&eacute;termin&eacute; de ces &ecirc;tres qui leur font l&#8217;&eacute;cole : &#8220;Some of both and some you can&#8217;t tell which&#8221; (184). Le v&eacute;g&eacute;tal se fait liquide : &#8220;The trees must have looked like green waterfalls through [Powell&#8217;s] glasses&#8221; (191-92). Le temps change, il n&#8217;y a plus de saison, nous voil&agrave; dans un entre-deux : &#8220;when one thing was finished and another about to begin&#8221; (190). Entre-deux encore, le nouveau poste d&#8217;observation de la fillette extirp&eacute;e de son cadre et maintenant &agrave; la lisi&egrave;re de deux espaces : &#8220;not far from where this patch of woods ended and the back pasture began&#8221; (191).<BR><BR><br \/>\nFinis les axiomes grav&eacute;s dans le marbre  : et si, &agrave; partir d&#8217;aujourd&#8217;hui, deux droites parall&egrave;les venaient &agrave; se croiser ? Finie la belle th&eacute;orie des ensembles : et si, dans ce monde instable, on n&#8217;avait pas seulement les m&ecirc;mes chapeaux, mais aussi potentiellement la m&ecirc;me prog&eacute;niture ? &#8220;Sometimes you look like you might belong to Mrs. Pritchard!&#8221;, lance Mrs. Cope &agrave; sa fille aux allures de gar&ccedil;on manqu&eacute; (190). Par un d&eacute;tail g&eacute;om&eacute;trique, O&#8217;Connor s&#8217;amuse &agrave; confirmer cette parent&eacute; absurde : Mrs. Pritchard avait une t&ecirc;te tout en longueur sur un corps rond, Mrs. Cope une t&ecirc;te ronde sur un corps tout en longueur, Sally Virginia, produit de cette hybridation imaginaire, gardera, comme il se doit chez O&#8217;Connor, le moins gracieux de l&#8217;une et de l&#8217;autre : la t&ecirc;te ronde et le corps rond. Souvenons-nous que l&#8217;un des chevaux s&#8217;appelle Gene, que ce cheval est mort (180) et que le cauchemar eug&eacute;niste des d&eacute;portations et de l&#8217;Holocauste en Europe hante Mrs. Cope, un peu comme Mrs. Shortley dans &#8220;The Displaced Person&#8221;. Il reste quelque chose de monstrueux dans la g&eacute;n&eacute;alogie, et les lign&eacute;es familiales aberrantes s&#8217;expriment dans des lignes qui ne le sont pas moins : voil&agrave; aussi pourquoi cette fillette anormalement dot&eacute;ededeux m&egrave;res se tient sur tant de lignes-fronti&egrave;res, entre les bois et les pr&eacute;s, entre deux sexes, entre deux &acirc;ges.<br \/>\nEt quand tout s&#8217;embrase, &#8220;le fond de l&#8217;air est rouge&#8221;,<SUP> <A HREF=\"#Note3\">[3]<\/A><\/SUP> &eacute;videmment, et ces fronti&egrave;res deviennent indistinctes. On voit alors poindre et s&#8217;incarner sur un visage une reconfiguration qui bouleverse le mod&egrave;le cloisonn&eacute; et hi&eacute;rarchis&eacute; que la fillette avait fait sien : &#8220;It was the face of the new misery she felt, but on her mother it looked old and it looked as if it might have belonged to anybody, a Negro or a European or to Powell himself&#8221; (193). Ce fantasme, toujours tenu &agrave; distance par le fameux &#8220;as if&#8221; auquel on reconna&icirc;t, entre autres, l&#8217;&eacute;criture d&#8217;O&#8217;Connor, marque le triomphe potentiel d&#8217;un d&eacute;cloisonnement total de l&#8217;espace o&ugrave; toutes les caract&eacute;ristiques circulent et s&#8217;&eacute;changent, m&ecirc;me l&#8217;appartenance g&eacute;ographique ou raciale. &#8220;Misery&#8221;, c&#8217;est aussi le mot qu&#8217;emploie Mrs. Pritchard pour d&eacute;crire ses douleurs dentaires : &#8220;I got the misery in my face today [&#8230;] Theseyer teeth. They each one feel like an individual boil&#8221; (191). Que ne les fait-elle arracher, ces mauvaises dents, comme Mrs. Cope arrache ses mauvaises herbes ! En attendant, comme dans les bois en flammes, dans sa bouche &agrave; elle aussi, &ccedil;a chauffe (&#8220;an individual boil&#8221;). M&ecirc;me chapeau, m&ecirc;me fille, m&ecirc;me feu, m&ecirc;me mis&egrave;re.<BR><BR><br \/>\nPour mieux inscrire dans la mati&egrave;re du texte ces motifs connexes d&#8217;inclusion et de porosit&eacute;, O&#8217;Connor s&#8217;attache &agrave; faire d&eacute;raper les dialogues, qui sautent souvent du coq &agrave; l&#8217;&acirc;ne, d&#8217;o&ugrave; de fr&eacute;quents t&eacute;lescopages, des ajointements abrupts et de surprenantes proximit&eacute;s. Ainsi ce glissement inattendu dans la conversation entre les deux femmes, dont chacune suit son id&eacute;e : <BR><BR><br \/>\n&#8220;It looks like a fire. You better get up and smell around and see if the woods ain&#8217;t on fire.&#8221;<BR><br \/>\n&#8220;She had her arm around it in the coffin,&#8221; Mrs. Pritchard went on, but her voice was drowned out by the sound of the tractor (176).<BR><BR><\/p>\n<p>Et les paroles se diluent finalement dans un bruit de fond parasite. La premi&egrave;re apparition des trois intrus (178) est elle-m&ecirc;me construite sur le mode d&#8217;une inclusion narrative qui vient interrompre le dialogue : d&#8217;abord une remarque proverbiale dont Mrs. Cope a le secret (&#8220;&#8216;It doesn&#8217;t all come at once,&#8217; Mrs. Cope said sharply&#8221;) ; puis aussit&ocirc;t la description des trois gar&ccedil;ons aper&ccedil;us par la fillette (&#8220;The child could see over to where the dirt road joined the highway. She saw a pick-up truck stop at the gate and let off three boys who started walking up the pink dirt road [&#8230;]&#8221;) ; et sans transition, le retour au dialogue (&#8220;&#8216;Well, if it ever did,&#8217; Mrs. Pritchard said, &#8216;it would be nothing you could do but fling up your hands'&#8221;). Il y a l&agrave; envahissement du discours autant que de l&#8217;espace. A plusieurs reprises, en vertu d&#8217;un principe similaire, les propos de la fillette dans les bois semblent s&#8217;adresser en m&ecirc;me temps &agrave; deux interlocuteurs : &#8220;Leave me be&#8221;, qu&#8217;elle destine autant &agrave; sa m&egrave;re qu&#8217;aux buissons qui l&#8217;entravent, et &#8220;Line up&#8221;, qu&#8217;elle lance &agrave; la fois aux arbres et aux trois gar&ccedil;ons (190). <BR><BR><br \/>\n&#8220;LINE UP!&#8221; est m&ecirc;me r&eacute;p&eacute;t&eacute; en majuscules &#8211; et voici que revient avec insistance la figure de la ligne, accompagn&eacute;e, quatre lignes plus haut, de celle du cercle, identifi&eacute;e au trou que le soleil perce dans le ciel : &#8220;The sun had risen a little and was only a white hole like an opening for the wind to escape through in a sky a little darker than itself&#8221; (191). Ce n&#8217;est pas la premi&egrave;re fois que ces figures affleurent de nouveau &agrave; la surface du texte, depuis l&#8217;incipit qui inaugurait leur pr&eacute;sence. On a d&#8217;abord vu Mrs. Pritchard attirer l&#8217;attention d&#8217;un ouvrier noir d&#8217;un mouvement circulaire du bras : &#8220;[she] waved her arm in a fierce circle&#8221; (176). Peu apr&egrave;s, le triangle form&eacute; par les trois gar&ccedil;ons s&#8217;aplatit en une ligne d&egrave;s leur arriv&eacute;e : &#8220;They walked single file&#8221; &#8211; motif instable aussit&ocirc;t d&eacute;doubl&eacute; dans le paysage : &#8220;Mrs. Pritchard folded her arms and gazed down the road as if she could see easily enough all these fine hills flattened to nothing&#8221; (178). Puis c&#8217;est au tour du cercle de rejoindre la ligne en une nouvelle m&eacute;tamorphose g&eacute;om&eacute;trique d&#8217;une grande fluidit&eacute; : &#8220;One of Powell&#8217;s eyes seemed to be making a circle of the place, examining the house [&#8230;] and the pastures that rolled away on either side until they met the first line of woods&#8221; (179). L&#8217;arc dessin&eacute; par le m&eacute;got que crache l&#8217;un des gar&ccedil;ons (181) semble bient&ocirc;t esquisser un segment encore incomplet du cercle annonc&eacute; par le titre. Puis le cercle revient fr&ocirc;ler la ligne : &#8220;the sun [&#8230;] was going down in front of them, almost on top of the tree line&#8221; (184). Au d&eacute;but de l&#8217;incendie, le feu d&eacute;crit une ligne de fracture qui va s&#8217;&eacute;largissant : &#8220;there was a narrow line of fire widening between her and them&#8221; (193). Une fois l&#8217;alerte donn&eacute;e, un nouveau triangle masculin se reforme : &#8220;Mr. Pritchard came out of the open end of the barn and the two Negroes stopped filling the manure spreader&#8221; (193). <BR><BR><br \/>\nEnfin, phase ultime de ces permutations formelles incessantes, les trois figures sont &agrave; nouveau r&eacute;unies dans les deux derni&egrave;res phrases du d&eacute;nouement : <BR><br \/>\nThe child turned her head quickly, and past the Negroes&#8217; ambling figures she could see the column of smoke rising and widening unchecked inside the granite line of trees. She stood taut, listening, and could just catch in the distance a few wild high shrieks of joy as if the prophets were dancing in the fiery furnace, in the circle the angel had cleared for them. (193)<BR><BR><\/p>\n<p>Certes, la lecture peut s&#8217;arr&ecirc;ter sur le motif biblique dont le texte offre un lointain &eacute;cho &#8211; <I>something we can &#8220;just catch in the distance&#8221;<\/I>. C&#8217;est la piste que privil&eacute;gie par exemple Kathleen Feeley dans <I>Voice of the Peacock <\/I>(Feeley 184-85). L&#8217;allusion renvoie en effet &agrave; l&#8217;&eacute;pisode du Livre de Daniel (3:26-27) o&ugrave; trois jeunes proph&egrave;tes, pr&eacute;cipit&eacute;s dans une &#8220;fournaise ardente&#8221; (&#8220;fiery furnace&#8221;) pour avoir refus&eacute; de v&eacute;n&eacute;rer une idole, sont sauv&eacute;s des flammes par un ange. L&#8217;attachement excessif de Mrs. Cope aux biens mat&eacute;riels l&#8217;apparente aux idol&acirc;tres du r&eacute;cit biblique, ce qui justifie son ch&acirc;timent, tandis que les trois proph&egrave;tes, ironiquement transform&eacute;s en sauvageons incendiaires, doivent leur salut &agrave; la reconnaissance d&#8217;un seul Dieu : &#8220;Gawd owns them woods and her too&#8221;, affirme l&#8217;un deux (186). Dr&ocirc;le de cat&eacute;chisme, donc, o&ugrave; Dieu est du c&ocirc;t&eacute; des pyromanes &#8211; il est vrai que la chose n&#8217;est pas rare chez O&#8217;Connor. Cependant, les motifs g&eacute;om&eacute;triques repris par ce d&eacute;nouement me semblent au moins aussi visibles que le motif biblique. Une autre trinit&eacute;, de pure forme, celle-ci, rappelle son imp&eacute;rieuse pr&eacute;sence : la ligne (&#8220;the granite line of trees&#8221;), le cercle (&#8220;the circle the angel had cleared for them&#8221;) et le triangle (puisque les proph&egrave;tes du Livre de Daniel, comme Powell et ses acolytes, vont toujours par trois). La ligne, identique &agrave; celle de l&#8217;incipit, s&#8217;est courb&eacute;e en une vaste boucle qui englobe tout l&#8217;espace du texte ; elle circonscrit m&ecirc;me la colonne de fum&eacute;e en un nouvel avatar du principe d&#8217;inclusion si omnipr&eacute;sent. Le triangle constitu&eacute; par les trois personnages n&#8217;est gu&egrave;re moins instable : il danse avec eux dans la fournaise. Il vient s&#8217;inscrire &agrave; son tour dans le cercle, lui-m&ecirc;me inscrit dans le feu, lui-m&ecirc;me contenu par la ligne dont le symbolisme m&eacute;tatextuel s&#8217;impose encore clairement. Sally Virginia reste perplexe devant ce jeu de poup&eacute;es russes.<BR><BR><br \/>\n\tInclusion, intrusion, invasion, interp&eacute;n&eacute;tration : pour g&eacute;om&eacute;triques qu&#8217;elles soient, ces quelques figures impos&eacute;es auraient pourtant pu s&#8217;incarner davantage. Elles le font presque, mais en creux, comme par d&eacute;faut, dans la sc&egrave;ne si fortement sexualis&eacute;e o&ugrave; Sally Virginia observe les trois gar&ccedil;ons qui se baignent nus dans l&#8217;abreuvoir. Sally Virginia Cope : <I>the one who has to copewith her virginity to sally out of it<\/I>  &#8211; on sait le go&ucirc;t parfois acrobatique de l&#8217;auteur pour l&#8217;onomastique. Pour une fois, dans sa correspondance, O&#8217;Connor elle-m&ecirc;me, pourtant prompte &agrave; orienter les interpr&eacute;tations de sa fiction vers le religieux et ainsi &agrave; les verrouiller, ouvre une autre porte par laquelle la charge &eacute;rotique de la nouvelle est entraper&ccedil;ue, et r&eacute;sum&eacute;e par ces mots : &#8220;a strong kind of sex potential [&#8230;] turned aside&#8221; (<I>The Habit of Being<\/I> 119).<SUP> <A HREF=\"#Note4\">[4]<\/A><\/SUP> <BR><BR><br \/>\nIl est clair, en tout cas, qu&#8217;elle a sem&eacute;, avant la sc&egrave;ne du bain, quelques signes pr&eacute;curseurs d&#8217;un d&eacute;niaisement &agrave; venir. A sa fen&ecirc;tre, Sally Virginia est d&eacute;j&agrave; rouge d&#8217;excitation (180). Sa m&egrave;re confirme le caract&egrave;re sexuel de la mena&ccedil;ante intrusion : &#8220;I can&#8217;t have three boys in here with only me and Sally Virginia&#8221; (181). Elle d&eacute;tourne d&#8217;ailleurs pudiquement les yeux lorsque l&#8217;un des trois intrus &ocirc;te sa chemise et la laisse pendre &#8220;comme une queue&#8221; (&#8220;like a tail&#8221;, 183) &agrave; l&#8217;arri&egrave;re de son pantalon, puis les met en garde par une formule dont la port&eacute;e sexuelle est &eacute;vidente : &#8220;I expect you to act like gentlemen&#8221; (185). Le plus gros des trois, qui a finalement remarqu&eacute; la pr&eacute;sence de Sally Virginia &agrave; la fen&ecirc;tre, lui pr&ecirc;te une maturit&eacute; inattendue en s&#8217;&eacute;criant &#8220;another woman&#8221; (185), et l&#8217;inclut explicitement dans sa remarque ult&eacute;rieure : &#8220;I never seen a place with so many damn women on it&#8221; (186). Puis, quand par bravade, elle lance : &#8220;I could handle them quicker than that&#8221;, Mrs. Pritchard r&eacute;torque : &#8220;They&#8217;d handle you&#8221; (187), et le verbe ici r&eacute;p&eacute;t&eacute; conserve quelque chose de son sens premier : &#8220;to touch, lift, etc. with the hand or hands&#8221; (Webster) &#8211; jeu de mains, et on conna&icirc;t la suite.<BR><BR><br \/>\nOu plut&ocirc;t on croit la conna&icirc;tre, car elle ne vient pas. Il se passe autre chose &agrave; la place, ou plus exactement <I>&agrave; c&ocirc;t&eacute;<\/I>, dans un espace contigu, sur cette lisi&egrave;re entre bois et pr&eacute;s d&#8217;o&ugrave; la fille, plus tout &agrave; fait fillette, regarde la nudit&eacute; des corps. Il s&#8217;agit de d&eacute;jouer l&#8217;attente, de renverser le sch&eacute;ma pr&eacute;visible : les pr&eacute;dateurs potentiels deviennent l&#8217;objet d&#8217;une pr&eacute;dation passant par le regard. Dans cette nouvelle posture, le personnage fait &eacute;trangement penser &agrave; la belle voyeuse anonyme de la section 11 de &#8220;Song of Myself&#8221; dans <I>Leaves of Grass<\/I> de Walt Whitman (bien que le po&egrave;te ne soit mentionn&eacute; ni dans les essais, ni dans la correspondance d&#8217;O&#8217;Connor). Toutes deux cach&eacute;es et immobiles, elles observent les &eacute;bats de plusieurs baigneurs nus. Entre la nouvelle (d&#8217;ailleurs si pr&eacute;occup&eacute;e d&#8217;herbe) et le po&egrave;me, les &eacute;chos lexicaux sont nombreux. Chez O&#8217;Connor : &#8220;the sun [is] glinting on their long wet bodies&#8221;, &#8220;their ribs [are] moving up and down&#8221; (192). Chez Whitman, m&ecirc;me soleil, m&ecirc;me &eacute;clat liquide, m&ecirc;me d&eacute;tail anatomique concernant les c&ocirc;tes de ces corps masculins, m&ecirc;mes adjectifs &#8220;long&#8221; et &#8220;wet&#8221;, le tout dans les m&ecirc;mes joyeuses &eacute;claboussures. <SUP> <A HREF=\"#Note5\">[5]<\/A><\/SUP> Cependant, O&#8217;Connor, bien loin de Whitman, canalise le d&eacute;bordement &eacute;rotique potentiel et le d&eacute;place ici sur l&#8217;abreuvoir : &#8220;the water that flowed over the side of the tank&#8221; (191). A nouveau, le contenant est pris en d&eacute;faut, les limites d&eacute;pass&eacute;es, mais seulement dans un <I>&agrave;-c&ocirc;t&eacute; <\/I>dont le rapport m&eacute;tonymique &agrave; l&#8217;&eacute;moi charnel du personnage duplique sa position marginale sur les lieux de cette &eacute;bauche d&#8217;initiation : frottement bord &agrave; bord de deux ensembles plut&ocirc;t qu&#8217;interp&eacute;n&eacute;tration.<br \/>\nM&ecirc;me sans effraction, l&#8217;&eacute;pisode laisse n&eacute;anmoins une trace tangible sur la chair, comme dans une version &eacute;rotis&eacute;e de l&#8217;inscription du crucifix sur la joue de la fillette dans les derni&egrave;res lignes de &#8220;A Temple of the Holy Ghost&#8221; (248). Ici, c&#8217;est le tronc de l&#8217;arbre derri&egrave;re lequel elle se cache qui marque le visage de Sally Virginia : &#8220;The child stood partly hidden behind a pine trunk, the side of her face pressed into the bark&#8221; (192). Plus haut, les pins sont d&eacute;crits ainsi : &#8220;long bare-trunked pines&#8221; (191). La polys&eacute;mie de &#8220;trunk&#8221; donne &agrave; voir, &agrave; c&ocirc;t&eacute; du tronc long et nu du corps des trois baigneurs (&#8220;their long wet bodies&#8221;), ce tronc v&eacute;g&eacute;tal, long et nu lui aussi, qui d&eacute;tourne et d&eacute;place les enjeux charnels sur un espace adjacent. Une nouvelle manipulation g&eacute;om&eacute;trique se dessine. Convertie en une figure de la contigu&iuml;t&eacute;, une sorte d&#8217;avatar m&eacute;tonymique, la sexualit&eacute; est ainsi tenue &agrave; distance, &agrave; l&#8217;image de la colonne de fum&eacute;e du d&eacute;nouement qui nous montre le feu dans ses manifestations p&eacute;riph&eacute;riques, et non le feu lui-m&ecirc;me. <BR><BR><br \/>\nAlors la boucle est boucl&eacute;e si l&#8217;on consid&egrave;re l&#8217;anecdote de l&#8217;accouchement dans un poumon d&#8217;acier, sur lequel s&#8217;ouvrait la nouvelle, comme une construction g&eacute;om&eacute;trique r&eacute;gie par les m&ecirc;mes principes d&#8217;inclusion et de contigu&iuml;t&eacute; : &#8220;You know <I>that<\/I> woman <I>that<\/I> had <I>that<\/I> baby in <I>that<\/I> iron lung ? [&#8230;] She was a Pritchard that married a Brookins and so&#8217;s kin to me-about my seventh or eighth cousin by marriage&#8221; (175). La contigu&iuml;t&eacute; s&#8217;exprime ici &agrave; la fois dans une parent&eacute; revendiqu&eacute;e par Mrs. Pritchard (&#8220;kin to me&#8221;) et dans l&#8217;effet de juxtaposition incongrue de l&#8217;anecdote et de la situation d&#8217;exposition, effet lui-m&ecirc;me spatialis&eacute; dans la topographie de l&#8217;incipit puisque la fillette qui entend l&#8217;anecdote depuis sa fen&ecirc;tre appartient &agrave; un espace distinct mais attenant. L&#8217;inclusion se manifeste &eacute;videmment dans l&#8217;ench&acirc;ssement de l&#8217;humain dans le m&eacute;tallique (&#8220;in that iron lung&#8221;), figure que l&#8217;instabilit&eacute; g&eacute;om&eacute;trique renversera bient&ocirc;t en nous montrant l&#8217;appareil dentaire de la fillette, c&#8217;est-&agrave;-dire du m&eacute;tallique dans de l&#8217;humain. Dans la phrase de Mrs. Pritchard : &#8220;You know that woman that had that baby in that iron lung&#8221;, le mart&egrave;lement plus qu&#8217;insistant de &#8220;that&#8221;, tant&ocirc;t conjonction de subordination, tant&ocirc;t pronom relatif, tant&ocirc;t adjectif d&eacute;monstratif, frappe l&#8217;oreille. La syntaxe, comme bient&ocirc;t la nouvelle tout enti&egrave;re, aboute et embo&icirc;te. C&#8217;est un jeu. Ce jeu sur la contigu&iuml;t&eacute; (familiale) et l&#8217;inclusion reviendra en un troublant &eacute;cho : &#8220;Lemme tell you, lady, one time he locked his little brother in a box and set it on fire&#8221;, affirme le plus petit des trois gamins au sujet de Powell (184). Prenez un proche (contigu&iuml;t&eacute;), mettez-le dans une bo&icirc;te (inclusion) et faites flamber le tout ; O&#8217;Connor n&#8217;est pas loin d&#8217;en faire autant avec ses personnages.<BR><BR><br \/>\n<CENTER>*  *  *<\/CENTER><BR><BR><br \/>\nAu bout du compte, la mall&eacute;abilit&eacute;, souvent paradoxale, des formes et des principes g&eacute;om&eacute;triques sur lesquels se construit la nouvelle vient contredire l&#8217;obsession d&#8217;ordre, de fixit&eacute; et de permanence qui hante Mrs. Cope. Une cruaut&eacute; un peu ludique, un peu sadique, mais pas tr&egrave;s catholique, pr&eacute;side &agrave; la combinatoire toujours instable qui contraint les &ecirc;tres, les choses et les &eacute;v&eacute;nements &agrave; sortir de leurs contours et &agrave; modifier profond&eacute;ment le champ de leurs interactions. De tous les jeux et jouets qui m&#8217;ont aid&eacute; &agrave; mod&eacute;liser les ressorts narratifs dans &#8220;A Circle in the Fire&#8221; (marelle, ch&acirc;teaux de cartes, cubes et autres jeux de construction, d&eacute;coupage, chaises musicales, poup&eacute;es russes, jeux de mains, jeux interdits), beaucoup, me semble-t-il, pourraient aussi servir &agrave; m&eacute;taphoriser les enjeux d&#8217;autres nouvelles d&#8217;O&#8217;Connor. Mais pour les innombrables <I>freaks<\/I> magnifiques et ridicules dont elle peuple sa fiction, la marelle reste le jeu le plus cruel. Courage &agrave; vous, semble-t-elle leur dire, vous les ob&egrave;ses, que la lourdeur emp&ecirc;che d&#8217;atteindre le ciel de cette marelle, vous les bigles et les louches, qui voyez deux cases en une, vous les simplets, qui avez une case en moins, vous les unijambistes, qui bien s&ucirc;r progressez beaucoup moins vite et avez t&ocirc;t fait de rater une case, avancez, courez, dansez, et que &ccedil;a saute, quoi qu&#8217;il en co&ucirc;te. L&#8217;\u0153il qui vous regarde est sans piti&eacute;, sa cruaut&eacute; est sans limite, puisque apr&egrave;s tout, comme on dit, ou comme le diraient peut-&ecirc;tre ces bonnes dames du Sud au bon sens l&eacute;gendaire : <I>The sky&#8217;s the limit<\/I>! Mais en de&ccedil;&agrave; du ciel de cette marelle, tout est possible.<BR><BR><\/p>\n<p>Ouvrages cit&eacute;s<BR><br \/>\nBLEIKASTEN, Andr&eacute;. <I>Flannery O&#8217;Connor.<\/I> Paris : Belin, Voix am&eacute;ricaines, 2004.<BR><br \/>\nFEELEY, Kathleen. <I>Flannery O&#8217;Connor: Voice of the Peacock. <\/I>1972. New York: Fordham University Press, 1982.<BR><br \/>\nO&#8217;CONNOR, Flannery. <I>The Complete Stories. <\/I>1971. London: Faber and Faber, 1990.<BR><\/p>\n<hr \/>\n<p>. <I>The Habit of Being.<\/I> 1979. New York: Farrar, Straus and Giroux, 1988.<BR><\/p>\n<hr \/>\n<p>. <I>Mystery and Manners: Occasional Prose.<\/I> 1969. New York: Farrar, Straus and Giroux, 1970.<BR><br \/>\nWHITMAN, Walt. Leaves of Grass. 1891-92. New York: Norton, 2002.<BR><BR><\/p>\n<p><U><B>Notes<\/B><\/U> <BR><BR><\/p>\n<p><A Name=\"Note1\"><\/A> [1] &#8220;A Late Encounter with the Enemy&#8221;, &#8220;The River&#8221;, &#8220;A Temple of the Hoy Ghost&#8221;, &#8220;Greenleaf&#8221;, &#8220;The Enduring Chill&#8221;, &#8220;Revelation&#8221;. Quant au r&eacute;cit de &#8220;Everything That Rises Must Converge&#8221;, il suit litt&eacute;ralement la trajectoire fatale des protagonistes sur la <I>ligne<\/I> de bus qui d&eacute;bouche sur les rectangles lumineux o&ugrave; vient finir leur course (419-20).<BR><br \/>\n<A Name=\"Note2\"><\/A> [2] On se souvient, par exemple, de la fillette dans &#8220;A Temple of the Holy Ghost&#8221; (&#8220;the braces she had in her mouth glared like tin&#8221;, 237) et de Mr. Cheatam (&#8220;All his teeth were backed with gold&#8221;, 237). Ce qui emplit grotesquement la bouche est aussi appel&eacute; &agrave; en &ecirc;tre expuls&eacute; : c&#8217;est le vomissement de Norton au d&eacute;but de &#8220;The Lame Shall Enter First&#8221; (448).<BR><br \/>\n<A Name=\"Note3\"><\/A> [3] J&#8217;emprunte ici le titre d&#8217;un film de Chris Marker (1977).<BR><br \/>\n  &#8220;[Ben Griffith, a university scholar] remarked that in these stories there was usually a strong kind of sex potential that was always turned aside and that this gave the stories some of their tension-as for instance in &#8220;A Circle in the Fire&#8221; where there is a strong possibility that the child in the woods with the boys may be attacked-but the attack takes another form. I really hadn&#8217;t thought of it until he pointed it out but I believe it is a very perceptive comment&#8221; (<I>The Habit of Being<\/I> 119).<BR><br \/>\n<A Name=\"Note4\"><\/A> [4] &#8220;The beards of the young men glisten&#8217;d with wet, it ran from their long hair, \/ Little streams pass&#8217;d all over their bodies. \/ An unseen hand also pass&#8217;d over their bodies, \/ It descended tremblingly from their temples to their ribs. \/ The young men float on their backs, their white bellies bulge to the sun [&#8230;]&#8221; (Whitman 34).<BR><br \/>\n<A Name=\"Note5\"><\/A> [5] On observe un d&eacute;placement similaire dans &#8220;The Comforts of Home&#8221;, o&ugrave; le frisson &eacute;rotique ne tient qu&#8217;&agrave; la p&eacute;n&eacute;tration d&#8217;un pistolet dans un sac &agrave; main (402-403). De m&ecirc;me, dans &#8220;A Temple of the Holy Ghost&#8221;, au lieu de poser ouvertement la question qui lui br&ucirc;le les l&egrave;vres : &#8220;Comment les enfants viennent-ils au monde ?&#8221;, la fillette fournit elle-m&ecirc;me une r&eacute;ponse qui tombe litt&eacute;ralement &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l&#8217;objet de ses pr&eacute;occupations, grotesquement d&eacute;vi&eacute;es sur le r&egrave;gne animal : la lapine a crach&eacute; ses six petits lapins par la bouche (246).<BR><\/p>\n<p><BR><BR><br \/>\n<\/HTML><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par : Jean-Marc Victor Petit probl&egrave;me de g&eacute;om&eacute;trie gothique sudiste : dans un espace quasi euclidien norm&eacute; (socialement, moralement, racialement et religieusement), &eacute;tant donn&eacute;, d&#8217;une part, l&#8217;ensemble A constitu&eacute; de trois &eacute;l&eacute;ments f&eacute;minins (qu&#8217;on nommera Mrs. Cope, Mrs. Pritchard et Sally Virginia), d&#8217;autre part, l&#8217;ensemble B, sym&eacute;trique du pr&eacute;c&eacute;dent, et constitu&eacute; de trois &eacute;l&eacute;ments masculins [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":49,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_uag_custom_page_level_css":"","footnotes":""},"categories":[14],"tags":[],"class_list":["post-50","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-journee-flannery-oconnor-2005"],"uagb_featured_image_src":{"full":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton24.jpg",95,96,false],"thumbnail":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton24.jpg",95,96,false],"medium":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton24.jpg",95,96,false],"medium_large":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton24.jpg",95,96,false],"large":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton24.jpg",95,96,false],"1536x1536":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton24.jpg",95,96,false],"2048x2048":["https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/wp-content\/uploads\/2005\/03\/arton24.jpg",95,96,false]},"uagb_author_info":{"display_name":"Webmaster","author_link":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/?author=1"},"uagb_comment_info":0,"uagb_excerpt":"par : Jean-Marc Victor Petit probl&egrave;me de g&eacute;om&eacute;trie gothique sudiste : dans un espace quasi euclidien norm&eacute; (socialement, moralement, racialement et religieusement), &eacute;tant donn&eacute;, d&#8217;une part, l&#8217;ensemble A constitu&eacute; de trois &eacute;l&eacute;ments f&eacute;minins (qu&#8217;on nommera Mrs. Cope, Mrs. Pritchard et Sally Virginia), d&#8217;autre part, l&#8217;ensemble B, sym&eacute;trique du pr&eacute;c&eacute;dent, et constitu&eacute; de trois &eacute;l&eacute;ments masculins&hellip;","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/50","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=50"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/50\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":247,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/50\/revisions\/247"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/49"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=50"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=50"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/faaam.parisnanterre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=50"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}