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Quand les femmes s’écrivent dans le monde

quand les femmes s’écrivent dans le monde
autobiographie féminine et souci du monde

14-15 octobre 2016
Keynote speaker: Dr Victoria Stewart (Leicester University) Friday 2-3 pm

Dr Stewart’s research interests include the twentieth-century and contemporary novel, war writing and life-writing. She has particular interests in the representation of the First and Second World Wars (including the Holocaust) in both fiction and autobiography. Her book Women’s Autobiography: War and Trauma (Palgrave, 2003) considered the work of writers including Vera Brittain, Virginia Woolf and Anne Frank from the perspective of trauma theory. Narratives of Memory: British Writing of the 1940s (Palgrave, 2006) examines a range of novels and short fiction from this decade, by authors such as Elizabeth Bowen, Graham Greene and Patrick Hamilton, focusing in particular on their depiction of the processes of memory. Dr Stewart’s most recent monograph, The Second World War in Contemporary British Fiction: Secret Histories (Edinburgh University Press, 2011), considers the use of secrecy as both a trope and a narrative device in recent fictional treatments of the war.

FRIDAY OCTOBER 14th Bâtiment V ground floor (room V14)

9am-9.20 – Coffee & registration in conference room (V14)

9.20 – Opening Address by Professor Cornelius Crowley

WANDERING AND SELF WRITING

Chair: Nathalie Saudo Welby

9.30-10 Stephanie Genty (Université d’Evry) : ‘The Table in the Corner’: Wandering and Writing in Patti Smith’s M Train (2015).

10-10.30 Catherine Morgan Proux (Université Blaise Pascal, Clermont 2) : Autobiography, Memoir and Travel Writing: Ella Maillart’s The Cruel Way (1947).

10.30-11 Pin-chia Feng (National Chiao Tung University (NCTU), Taiwan) : Culinary and Tourist Memories: Representing Sensecapes in Leslie Li’s Daughter of Heaven.

11-11.20 Coffee break

WRITING & SURVIVAL (1)

Chair: Claire Bazin

11.20-11.50 Pnina Rosenberg (Technion, Haifa and Jezreel Valley Academic College, Israel) : Writing herself into the Camp World: Ewa Gabanyi’s Autographic Work Almanac of Memories Auschwitz-Rajsko Concentration Camp, 1944.

11.50-12.20 Rosalie Ghanem (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3) : Histoire et mémoire dans la construction de l’héroïne méditerranéenne dans La guerre m’a surprise à Beyrouth de Carmen Boustani.

Lunch 12.30-2pm (bât V 1st floor)

WRITING & SURVIVAL (2)

2pm-3pm Keynote speaker : Dr. Victoria Stewart (University of Leicester) : “This was the present then. This was true.” Diaries, Autobiography and History.

3-3.20 Coffee break

FRAGMENTED SELVES

Chair: Stephanie Genty

3.20-3.50 Héloise Thomas (Université de Bordeaux Montaigne) : “Mother, you are eighteen years old”: Female Lineage, Fractured Nationalities, and Formal Experimentation in Theresa Hak Kyung Cha’s DICTEE.

3.50-4.20 Shanon Finck (University of West Georgia) : ‘Not a shade passing’: Meditations on Aging in Patti Smith’s M Train and Christine Brooke-Rose’s Remake.

4.20-4.50 Rodolphe Gauthier (Université Paris IV-Sorbonne) : Du matériau autobiographique au discours politique : la question des représentations dans l’essai King Kong Théorie de Virginie Despentes.

SATURDAY OCTOBER 15th Bâtiment V ground floor Room V14

THE SELF TRANSCENDED

Chair: Nicoleta Alexoae-Zagni

10am-10.30 Elisabeth Bouzonviller (Université Jean Monnet, Saint Etienne) : From Self-Writing to National Re-Writing in Louise Erdrich’s Autobiographical Essays.

10.30-11 Karima Zaaraoui (Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle) : Related by herself: Mary Prince’s ‘Herstory’.

11-11.30 Sandra Dufour (Université de Bourgogne) : Correspondence between Lucy Stone and Antoinette Brown Blackwell: Shared Autobiographies and Consciousness-Raising in the 19th century in the United States.

11.30- 11.50 Coffee Break

THE RELATIONAL SELF

Chair: Corinne Bigot

11.50- 12.20 Floriane Reviron-Piegay (Université de Saint Etienne) : “Our lives are pieces in a pattern”: Virginia Woolf’s Autobiographical Fragments or the “anxiety of influence.

12.20-12.50 Hajer Elarem (The Higher Institute of applied Languages of Moknine, Tunisia) : The Relational Self In Doris Lessing’s Autobiography: Knowing the Self through the (m)other.

Lunch 1pm-2pm (bât V 1st floor)

MEMORY, SPACE AND THE BODY (1)

Chair: Corinne Bigot

2-2.30 Eleanora Rao (University of Salerno): “I looked with wonder at the tall houses, the paved streets, the street lamps.” Rose Cohen’s Out of the Shadow: A Russian Jewish Girlhood on the Lower East Side

2.30-3 Anissa Talahite-Moodley (University of Toronto) : Gender, Race and the Question of Autobiographical Authenticity.

3-3.30 Amaryllis Gacioppo (University of Bologna (Italy), and Monash University (Australia) : Cartography of Emotion: Embodying Personal History through Psychogeographical Methodologies (Rebecca Solnit’s A Field Guide to Getting Lost and A Book of Migrations).

3.30-3.50 Coffee break

MEMORY, SPACE AND THE BODY (2)

Chair: Valérie Baisnée

3.50-4.20 Sophie L. Riemenschneider (City University of New York): “Girly Things”: The Use of Mnemonic Objects in Breast Cancer Narratives.

4.20-4.50 Maria Tamboukou (University of East London): Writing the Memory of Work: Aesthetics Politics and the Archive.

4.50-5.20 Dilek Direnc (Ege University, Izmir, Turkey) Poetics and Politics of Self and Place in Terry Tempest Williams’ Refuge.


Colloque international consacré à l’autobiographie féminine
14-15 octobre 2016
Lieu : Université Paris Ouest Nanterre UFR LCE bâtiment V
Organisation : Groupe FAAAM CREA EA 370
Corinne Bigot, Claire Bazin, Nicoleta Alexoae

Keynote speaker : Victoria Stewart, University of Leicester
Programme en cours d’élaboration

Participants : Elisabeth Bouzonviller Université de Saint Etienne, Dilek Direnc, Ege University, İzmir, Turkey ; Sandra Dufour, Université de Bourgogne ; Hajer Elharem, Higher Institute of applied Languages of Moknine, Tunisia ; Puin Chia Feng, Department of Foreign Languages and Literatures at National Chiao Tung University (NCTU) Taiwan ; Shanon Finck University of West Georgia ; Amaryllis Gaciopo, University of Bologna (Italy), and Monash University (Australia) ; Rodolphe Gauthier Université Paris IV Sorbonne ; Stéphanie Genty, université d’Evry ; Roslaie Ghanem, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle ; Catherine Morgan Proux, université Blaise Pascal, Clermont 2 ; Eleanora Rao, universita di Salerno Italie, Florian Reviron Piegay, Université Saint Etienne, Sophie Riemenschneider, City University of New York ; Pnina Rosemberg, Technion, Haifa and Jezreel Valley Academic College, Israel. ; Anissa Talahite Moodley, University of Toronto ; Maria Tamboukou, University of East London ; Heloise Thomas, Université Montaigne Bordeaux, Hanaa Ali Zakaria, Université de ZAGAZIG EGYPTE ; karima Zaraaoui, Paris 3

Quand les femmes s’écrivent dans le monde / Writing herself in the World

« Notre plus douce existence est relative et collective, et notre vrai moi n’est pas tout entier en nous » écrivait Jean-Jacques Rousseau (Rousseau juge de Jean-Jacques). Si l’autobiographie est bien en premier lieu l’acte réflexif du moi qui se souvient, celui-ci n’est jamais un sujet isolé, et le monde extérieur n’est pas que le décor de la réminiscence. « On ne se souvient jamais seul » affirme le sociologue Maurice Halbwachs. Monde intérieur et monde extérieur ne sont-ils pas des aspects de la même réalité ? Annie Ernaux, qui reprend la citation de Rousseau dans son Journal du dehors, se dit « porteuse de la vie des autres » et se présente comme « traversée par les autres comme une putain », car le rapport au monde n’est pas qu’une visée de la pensée mais un lien matériel et érotique. Paul John Eakin incite, dans son ouvrage How Our Lives Become Stories: Making Selves (1999), à une démystification du récit autoréférentiel envisagé comme autodiégétique, où le sujet de l’énonciation renverrait simplement à celui de l’énoncé. Eakin affirme qu’en réalité la première personne est véritablement plurielle dans ses origines et son développement ultérieur. Il propose les termes « soi relationnel » et « vie relationnelle », en arguant que toute identité est relationnelle et que toute écriture de soi se fait au croisement de la biographie et de l’autobiographie, en plaçant le sujet narrant dans un contexte plus large : famille, communauté, groupe ethnique. L’écriture de l’intériorité se conçoit également comme une inscription de l’altérité et de l’antériorité ; l’acte scriptural est non seulement un acte d’individualisation, mais également une reconnaissance de la part des autres dans la constitution de soi. Il s’agit, selon Helen M. Buss (2002), de se réapproprier le monde.
L’autobiographie, traditionnellement associée à l’idéalisme subjectif, affirme avec plus ou moins d’emphase la condition d’être dans le monde, mais les mémoires, genre particulièrement prisé par les femmes dans le monde anglo-saxon, situent le sujet dans un environnement en incluant les autres. En effet, comme le rappelle Nancy Miller (1996), les mémoires sont un genre qui ne distingue pas précisément le privé du publique, car insister sur la présence du monde extérieur représente souvent un enjeu socio-politique, culturel et/ou éthique. Il s’agit de se le réapproprier, d’investir l’espace public, de se rendre visible, donner son témoignage et porter une réflexion sur l’histoire et la société. De ce point de vue, le projet autobiographique peut se rapprocher de la sociologie et de l’histoire, qu’il complète sans s’y substituer. On pourra se demander quelle est la valeur historique de l’autobiographie. On interrogera les rapports entre autobiographie et mémoire culturelle, entre autobiographie et « contre-mémoire » (Zemon & Starn), entre autobiographie et photographie.
Outre les formes traditionnelles (écrites) du récit autobiographique, on s’intéressera également à d’autres formes de projets autobiographiques plus contemporains.
Plusieurs axes pourront être envisagés :
• Le récit autobiographique comme témoignage / réinvestissement / intervention : comment les femmes participent-elles au témoignage sur leur époque ? Quelles stratégies narratives déploient-elles pour mêler /démêler/entremêler discours individuel et discours collectif, discours privé et discours publique ? De quelle façon les femmes s’emparent-elles des récits d’événements historiques ou de « conditions d’être » ? On pourra étudier par exemple des récits de guerre, ou le récit d’esclave.
• Autobiographie et « post mémoire » (Hirsch) : intersection entre la mémoire personnelle ressentie par un sujet et mémoire impersonnelle de l’histoire. Comment les femmes qui ont grandi dans l’ombre des récits qui ont précédé leur naissance racontent-elles des traumatismes tels que guerres, exils, décolonisation, pauvreté : on pourra s’intéresser aux récits diasporiques, mémoires de vie d’ouvrières (Jeanette Winterson, Carolyn Steedman).
• Les lieux de la mémoire : quel est le rapport de l’autobiographie des femmes à l’espace-temps ? Comment le lieu du souvenir est-il mis en scène ? Quel rôle joue-t-il dans la construction de l’identité narrative ? Parmi les thèmes et genres possibles on pourra envisager la condition d’être entre plusieurs mondes, le moi et le monde postcolonial, les récits d’exil et de migration, et des formes particulières telles que le jardin monde de Jamaica Kincaid de My Garden (Book) ou les mémoires culinaires évoquant l’histoire (Myriam’s Kitchen)
• L’autobiographe sur la toile du monde : le journal en ligne nous rend-il davantage connecté au monde ou encore plus seul ?
• L’autobiographie et l’image du (moi dans le) monde : la référentialité des images mise à l’épreuve de l’écriture (photographies insérées dans le texte autobiographique comme transmission / médiation visuelle du moi et du monde, des autobiographies photographiques personnelles et politiques de Jo Spence aux « graphic memoirs », etc.

Langues des communications : anglais (langue de préférence) ou français
Date de remise des abstracts (200-400 mots, avec courte bio) = 15 juin 2016 à envoyer à
Claire Bazin : cbaz1@wanadoo.fr
Corinne Bigot : corinne.bigot@wanadoo.fr
Comité scientifique
Nicoleta Alexoae-Zagni, Istom, CREA Paris Ouest
Valérie Baisnée, Université Paris Sud, CREA Paris Ouest
Valérie Baudier, CREA, Paris Ouest
Claire Bazin, CREA, Paris Ouest Nanterre
Corinne Bigot, CREA, Paris Ouest Nanterre
Elisabeth Bouzonviller, Université de Saint Etienne
Stéphanie Genty, SLAM, Université d’Evry-Val d’Essonne
Nathalie Saudo-Welby, CORPUS Université de Picardie Jules Verne

Bibliographie indicative
Buss, Helen M. Repossessing the World: Reading Memoirs by Contemporary Women. Wilfrid Laurier University Press, 2002.
Eakin, John Paul. How Our Lives Become Stories: Making Selves. Cornell UP, 1999.


Touching the World: Reference in Autobiography. Princeton UP, 1992.
Ernaux, Annie Journal du dehors, Gallimard, 1993.
Halbwachs, Maurice. La Mémoire collective. Paris: Albin Michel, 1997.
Hirsch, Marianne and Smith, Valerie (eds). “Feminism and Cultural Memory: An Introduction.” Signs, Vol. 28, No. 1, Gender and Cultural Memory Special Issue (Autumn 2002): 1-19.
Hirsch, Marianne, Family Frames: Photography Narrative and Postmemory, Harvard UP, 1997.


“Postmemories in Exile”, Poetics Today, Vol. 17, No. 4 (1996): 659-690.
Miller, Nancy K. Bequest & Betrayal: Memoirs of a Parent’s Death. Oxford UP, 1996.
Ricœur, Paul. La mémoire, l’histoire, l’oubli. Paris: Seuil, 2000.
Turkle, Sherry. Alone Together: Why We Expect More from Technology and Less from Each Other. New York: Basic Books, 2011.
Whitlock Gillian, Soft Weapons: Autobiography in Transit, The University of Washington Press, 2007.
Zanon-Davis, Natalie and Randoph Starn, “Introduction," Representations 26, Special Issue: “Memory and Counter-Memory”, 1989,1-6.


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